Une semaine marquée par les premières pertes de Toyota

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A la une de l'actualité cette semaine, la première perte prévue par le constructeur japonais Toyota, les BRIC touchés à leur tour par la crise économique. Les nouvelles règles d'indemnisation pour les demandeurs d'emplois et la démission du gouvernement belge à cause du dossier Fortis ont également fait les gros titres.

Toyota annonce qu'il va enregistrer une perte d'exploitation en 2008/2009

Sortie de virage pour Toyota. Le constructeur japonais a publié lundi après la clôture du Nikkei un communiqué pour annoncer qu'il allait enregistrer une perte d'exploitation en 2008/2009, exercice clos fin mars. Une première! Et pour couronner le tout, le patron du constructeur estime que Toyota connait une "situation d'urgence sans précédent". Au 31 mars 2009, Toyota prévoit donc désormais une perte d'exploitation de 150 milliards de yen (soit l'équivalent de 1,22 milliard d'euros). Le groupe avait déjà ébranlé les marchés financiers le mois dernier en réduisant sa projection de résultat d'exploitation de 1.000 milliards de yen à 600 milliards, le résultat devant rester toutefois positif. Si les nouvelles prévisions de Toyota se réalisent, ce sera la première fois que son compte d'exploitation tombe dans le rouge depuis qu'il a commencé à publier des résultats financiers, en 1940. En raison de la chute du marché automobile aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, les ventes de Toyota ne devraient s'élever lors de cet exercice qu'à 7,54 millions de véhicules dans le monde, contre 8,913 millions en 2007-2008. Il n'est pas exclu que la direction générale évolue et change de patron à la fin de l'exercice. La presse nippone évoque le nom d'Akio Toyoda, petit-fils du fondateur de Toyota et actuel vice-président exécutif du constructeur automobile japonais pour prendre la relève.

La Russie et la Chine touchés par la crise

La Russie représente le "R" des fameux BRIC, Brésil, Russie, Inde et Chine, les grands pays en plein développement qui devaient assurer la croissance mondiale pour les prochaines années. Mais aujourd'hui, la Russie est elle aussi rattrapée par la crise économique et financière qui a vu plonger ses Bourses et fondre le prix des matières premières sur lequel elle avait assis le plus gros de sa croissance. Du coup, le Kremlin a annoncé que la Russie allait connaître en 2009 son premier déficit budgétaire en dix ans. Elle pourrait même être amenée à emprunter sur le marché financier international alors que ces dernières années, elle a, au contraire, remboursé sa dette. Le déficit, selon les hypothèses, pourrait atteindre 3% à 5% du PIB (produit intérieur brut). Le gouvernement russe a, dans la foulée, publié une liste de 295 entreprises considérées comme stratégiques, dont les géants de l'énergie Gazprom, Rosneft ou Loukoïl. Cette liste pourrait être élargie. Ces entreprises pourraient bénéficier d'aides du Kremlin face à la crise économique et financière actuelle. Preuve de la faiblesse de l'économie russe, la Banque centrale de Russie (BCR) a encore élargi vendredi la marge de fluctuation dans laquelle elle fait évoluer le rouble par rapport au panier dollar-euro qui lui sert de référence, ce qui correspond de fait à une dévaluation. Il s'agit de la onzième dévaluation de ce type depuis le 11 novembre, et la troisième cette semaine. 

Du côté de la Chine, les baisses des taux consécutives de la Banque centrale chinoise témoignent de la volonté de Pékin de tenter de soutenir son économie, après des mois à avoir au contraire remonté les taux pour tenter d'endiguer la surchauffe. Mais désormais, la croissance chinoise est passée bien en dessous des 10%. Une quasi récession pour un pays en plein développement avec des zones rurales encore d'une très grande pauvreté. Zhang Ping, qui dirige la Commission nationale pour la réforme et le développement (CNRD), a déclaré que tout le pays était touché, plus seulement les zones côtières très industrialisées mais aussi les régions intérieures, plus seulement non plus les grandes entreprises mais aussi les petites et moyennes, plus seulement enfin les firmes exportatrices mais toutes les entreprises chinoises. Il affiche ses craintes de remous sociaux, qui ont déjà commencé dans certains endroits. Le secteur automobile est notamment touché par la moindre croissance de l'économie nationale. Les experts ne s'attendent pas à son rebond en Chine avant 2010, voire plus tard. Selon la presse chinoise, l'agence chinoise de planification économique préparerait un plan de sauvetage du secteur automobile avec notamment une réduction de 10% de la taxe sur les achats de voitures afin de les relancer. Cependant, les économistes misent sur un redémarrage de l'économie chinoise au deuxième semestre 2009 après un trou d'air sur les six premiers mois de l'année prochaine. Pékin pourrait décider d'aides à certains secteurs en difficulté, par exemple le transport aérien. Le marché spécule notamment sur des soutiens qui seraient apportés aux acteurs de ce secteur, notamment à China Eastern, troisième compagnie aérienne chinoise.

Assurance-chômage : plus de demandeurs d'emplois indemnisés

 La négociation sur l'assurance chômage s'est achevée tardivement dans la nuit de mardi à mercredi sur un projet d'accord permettant d'indemniser plus de demandeurs d'emploi et de baisser les cotisations chômage en cas d'excédent. Si le projet d'accord est approuvé par au moins une organisation syndicale de salariés et une organisation patronale, la réforme s'appliquera aux demandeurs d'emploi se retrouvant au chômage à compter du 1er janvier 2009, les chômeurs déjà indemnisés restant sous les règles actuelles. Les syndicats soumettront maintenant en janvier à leurs instances ce texte rédigé par le patronat. Selon l'Unedic, l'organisme qui gère l'assurance chômage, ces nouvelles règles qui s'appliqueraient de 2009 à 2011 permettraient d'indemniser 100.000 chômeurs supplémentaires pour un coût de 270 millions d'euros par an. Plusieurs syndicats et le Medef ont estimé qu'au total, 200.000 à 300.000 demandeurs d'emploi supplémentaires pourraient être indemnisés pour un coût de 700 millions à plus d'un milliard d'euros par an. En échange, le patronat a fait une série de concessions. Pourront prétendre à des allocations chômage les demandeurs d'emploi qui auront travaillé au moins quatre mois (dans les 28 ou 36 mois précédents, selon leur âge), contre six mois actuellement et cinq mois dans un projet patronal antérieur. Néanmoins, la durée de travail minimale requise pour être indemnisé passera à six mois s'ils se réinscrivent au chômage dans les 12 mois. Autres concessions, un jour travaillé donnera droit à un jour indemnisé tandis que la durée maximale d'indemnisation est fixée à 24 mois, contre 18 dans le projet patronal initial. Les chômeurs de 50 ans et plus auront droit, selon leur durée d'activité, à une indemnisation pouvant se prolonger jusqu'à 36 mois, comme actuellement.

 La Belgique sans Premier ministre à cause de Fortis

Le roi des Belges, Albert II, a accepté lundi la démission d'Yves Leterme qui est soupçonné d'avoir fait pression sur la justice pour faire valider son plan de renflouement de la banque Fortis. Mais aucun nouveau Premier ministre n'a pu être désigné faute de candidat faisant consensus. Le souverain a seulement confié à un ancien Premier ministre, Wilfried Martens, 72 ans, une mission de consultations pour tenter de former un nouveau gouvernement. Ce dernier, un chrétien-démocrate flamand, comme Yves Leterme, a été chef du gouvernement belge de manière pratiquement ininterrompue entre 1979 et 1992. Autant dire que la Belgique s'oriente vers une période d'incertitude plus prolongée que ce qui était encore envisagée le week-end dernier. Et ce alors que, dans le même temps, la plupart des partis soulignent l'importance pour le pays, en pleine crise économique et financière, d'éviter une vacance du pouvoir.

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