Londres va garantir les actifs "pourris" des banques britanniques

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Le gouvernement de Gordon Brown vient d'annoncer son deuxième plan de soutien aux banques en quatre mois. Le Trésor va garantir les actifs à risques des établissements pour tenter de relancer le marché du crédit.

Face à une situation économique sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement britannique, et surtout son Premier ministre Gordon Brown, fait fi de tous les principes du libéralisme et lance son deuxième plan de soutien au secteur bancaire en quatre mois.

L'objectif cette fois est de relancer le crédit aux entreprises et aux ménages, afin d'éviter que la récession économique ne s'aggrave. Ce matin, Alistair Darling, le chancelier de l'Echiquier (équivalent du ministre de Finances chez nous), a confirmé que le pays était bien entré en récession.

Comme la presse le présentait, la mesure principale de l'opération est la garantie par l'Etat des actifs à risques des banques. Selon les estimations du Trésor britannique, le plan monopoliserait la somme de 100 milliards de livres (environ 110 milliards d'euros), comme le tablait la presse. Mais si l'ensemble des banques y souscrivent, et elles en ont toute la possibilité, son montant pourrait doubler: 200 milliards de livres (220 milliards d'euros).

Après un premier plan lancé en octobre dernier et visant à recapitaliser les banques, il est donc question cette fois-ci de relancer les prêts aux entreprises, a annoncé dimanche Gordon Brown, le Premier ministre britannique en marge de sa visite à Charm-el-Cheikh, en Egypte. "Ce que nous voulons faire maintenant, c'est relancer les prêts et vous verrez demain (aujourd'hui lundi, ndlr) que des mesures seront prises pour faire en sorte que les banques et les institutions non bancaires soient capables d'à nouveau prêter de l'argent, d'accroître le volume des prêts et, dans certains cas, de commencer à accorder des prêts", avait-il poursuivi.

Les mesures ne sont pour le moment pas d'avantage détaillées. On sait seulement qu'avec ce plan, inspiré du modèle américain, le fameux "plan Paulson" ou plan "TARP", implique que l'Etat britannique assumerait ainsi les éventuelles pertes qui pourraient découler de ces actifs pourris mais ces derniers resteraient dans la comptabilité des instituts et ne seraient pas réunis dans une "banque pourrie", comme on l'avait d'abord envisagé.

Enorme perte pour RBS

En terme de calendrier, le moment est plutôt bien choisi car la période de la publication des résultats pour 2008 approche; des résultats qui selon la BBC devraient être particulièrement mauvais. RBS a déjà fait savoir ce matin qu'elle anticipait une perte de 7 à 8 milliards d'euros en 2008 et une dépréciation exceptionnelle supplémentaire de près de 20 milliards. Londres, qui dispose de 58% du capital de l'établissement d'Edimbourg depuis le premier plan de sauvetage, tente de relâcher la pression. En effet, la plupart des établissements nationalisés ou semi nationalisés ces derniers mois concentre leur énergie sur le remboursement de leur dette à l'Etat plutôt qu'à octroyer des prêts, seulement rentables à long terme.

Le gouvernement va donc transformer les 5 milliards de livres d'actions RBS préférentielles dont il dispose et qui coûtaient 12% par ans à RBS en actions ordinaires, sa part de capital est passée de 58 à 70%. De même, Northern Rock, entièrement nationalisée l'an dernier s'est vu accorder plus de temps pour rembourser sa dette. Bien sûr, comme tous les établissements qui bénéficient de cette aide, ils s'engagent à augmenter leurs prêts.

De leur côté, Barclays et HSBC, qui avaient toutes les deux refusé l'aide de l'Etat à l'automne, pourraient bien l'accepter cette fois. En octobre dernier, le programme que Londres avait lancé pour recapitaliser les banques, était de 37 milliards de livres (41 milliards d'euros). Il a conduit à la nationalisation partielle de plusieurs établissements dont RBS et Lloyds TSB/HBOS.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les banquiers vous disent merci et organisent une soirée pour fêter la belle solidarité des peuples à leur endroit...

Sur invitation seulement.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
L'argent des sauvetages bancaires est en train de passer à coté de ses objectifs :
Newropeans exige un engagement financier public européen efficace pour tous les citoyens !

Dans le cadre de ses "alertes Socio-Politiques Européennes" et de ses recommandations politiques destinées aux Etats membres et aux institutions européennes pour faire face à la crise, Newropeans lance une nouvelle alerte :
L'argent des sauvetages bancaires est en train de passer à coté de ses objectifs : Newropeans exige un engagement financier public européen efficace pour tous les citoyens !

Avec des sommes d'argent colossale, les Etats membres tentent de combattre la crise et la récession qui va inévitablement se produire. Mais tous ces sauvetages, tous ces plans de relance sont entachés de 3 erreurs fondamentales :

1; Chaque Etat bricole ses plans de sauvetage dans son coin, sans concertation au niveau européen et surtout sans véritable volonté d'une réforme profonde des structures du système financier et des banques.

2. Lors des sauvetages des banques, les Etats membres ( à l'exception du Royaume-Uni) ont offert de l'argent et des garanties en négligeant d'exiger des contreparties suffisantes. Comme tout créditeur, comme tout actionnaire, les gouvernements étaient en droit d'exiger, en échange de fonds, des garanties et un pouvoir d'influence de la politique commerciale des banques. Envers leurs contribuables, ils avaient l'obligation de prendre, dans les banques, une position d'influence suffisante pour garantir que les fautes commises, dont la crise est issue, ne se reproduisent pas.

3. Les plans de relance sont trop concentrés sur l'incitation la consommation. Leur financement se fait par le biais d'un endettement supplémentaire. Or, la cause de la crise actuelle étant une bulle historique de crédit, c.a.d. un sur-endettement des entreprises, des Etats et des ménages privés, recourir d'avantage au crédit ne peut être la solution. Ainsi, toute initiative publique en vue de doper l'activité économique doit impérativement avoir comme objectif non la promotion de la consommation, mais l'investissement :

* dans l'infrastructure, notamment dans l'infrastructure transeuropéenne et les services transeuropéens;
* dans l'éducation et la recherche;
* dans l'environnement et les énergies renouvelables.

Il est hors de question que ces investissements servent à financer des infrastructures qui ont vocation à être privatisées. la crise financière doit mettre un terme aux vagues de privatisation des services et réseaux publics, notamment dans les domaines où ces services ne sont ou ne pourront pas être remplacés par une offre véritablement concurrentielle entre plusieurs acteurs privés.

Newropeans se battra pour la lise en place d'une alternative européenne aux privatisations destinées à faciliter le fonctionnement du Marché unique : nous conduirons le Parlement européen à adopter un statut des
"réseaux européens de service public",
permettant de conjuguer efficacement dimension européenne et service public.

On assiste actuellement à un spectacle des politiques pris de panique, qui essaient de noyer les problèmes sous un tsunami d'argent, sans idées réelles de solutions viables et sans égard pour l'argent des contribuables et des futures générations. Le risque est grand que tout cet argent, ne serve qu'à indemniser les responsables de la crise aux dépens de tous les autres, et qu'une fois la crise surmontée, ils recommencent à faire leurs immenses profits par les mêmes moyens en sachant que les Etats leur sauveront, si besoin est, la mise.

Newropeans est le seul mouvement politique en Europe qui depuis 2006, s'est fait l'écho des anticipations sur l'arrivée de la crise actuelle.

Newropeans en retire une légitimité de proposition des réformes concrètes nécessaires pour stabiliser les marchés financiers et éviter la répétition d'une crise de même type causée par les mêmes facteurs :

L'Europe, par le biais de l'Union européenne dans le cadre de ses compétences ou apr une action concertée de tous les Etats membres, doit légiférer pour donner à ses banques, institutions financières et marchés financiers un cadre de régulation qui évite qu'une telle crise ne se reproduise. Cette régulation met en oeuvre
les principes suivants :

1. Les banques sont les serviteurs de l'économie réelle et non les maîtres; les banques fournissant des capitaux aux entreprises selon leurs besoins et sont rémunérées en fonction des services qu'elles rendent. Ce n'est pas aux entreprises de fournir des profits en fonction des exigences des banques et des marchés financiers.

2. Les banques ne participent pas à la création et à l'alimentation des bulles spéculatives ; Même si des profits exorbitants peuvent être réalisés sur la pente ascendante d'une bulle, ses risques lors de son éclatement, et ses effets nuisibles généraux pour la société entière, interdisent que les banques y participent. Ainsi, les banques ne fournissent pas des crédits but spéculatifs et n'engagent par leurs fonds propres dans la spéculation.

3. Les banques cessent toute activité avec des paradis discaux.

4. Les banques calculent leurs systèmes d'incitation (prime et boni) sur un rendement à long terme des activités de leurs employés et dirigeants. Les pertes présentes annulent les boni passés et peuvent même les rendre négatifs.

5. La titrisation (en vue d'une vente ultérieure) des créances et l'achat de tels titires est interdite.

6. Les banques respectent scrupuleusement le ration de Bâle II entre fonds propres et engagements : toute activité hors bilan ( en vue de créer un effet de levier caché) est interdite.

Newropeans refuse que les remèdes appliqués ne servent qu'à sauver ceux qui ont conduit l'Europe dans la crise en copiant le modèle américain. Il faut désormais inventer les méthodes et les instruments européens qui permettront aux 500 millions de citoyens de l'UE de traverser au mieux les difficiles années qui nous attendent.

Newropeans exige que l'argent public serve à préparer l'avenir de tous les européens, et pas seulement celui des élites financières.

Newropeans exige que l'Europe mette en oeuvre dès à présent une réforme profonde des structures et du fonctionnement des marchés financiers.

Gouverner c'est prévoir. Et prévoir, c'est agir maintenant.

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bonjour Francis, pas mal mais je trouve qu'il y a pas mal d'ambiguité et je n'arrive pas voir une ligne économique claire.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Merci de vouloir me donner votre adresse internet pour contact
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bravo pour vos propositions qui sont les seules responsables. Mais malheureusement ceux qui gouvernent et qui ont le pouvoir sont justement en train de nous piller encore une fois, pour moi la seule solution c'est la destitution de toutes les elites politico mafieuse en commençant par la commission eurpéenne, et sen suivront la destitution des banquiers, financiers et des elites politiques en ^place tel que Le Nain 1er, membre de la cia et mafieu pour le compte de Carlyle et Cie. oui j'en appel donc à la solution extrème, la prise du pouvoir par ceux qui travaillent de l'intellectuel à l'ouvrier. C'est la seule solution nous ne les résonneront pas leur cupidité et soif du pouvoir sont infini, il faut les contraindre par la force démocratique et républicaine.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Que c'est beau et long ce que dit francis , mais je crois que lecteur quotidien de la tribune et donc doté d'une intelligence au dessus de la moyenne, eh bien je n'ai pas tout compris.la géne.......

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