Une semaine marquée par la nouvelle offensive d'Obama contre les banques

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
A la Une de l'actualité cette semaine, la volonté de Barack Obama d'imposer des règles aux banques en termes de taille et d'activité. Le sévère revers électoral subi par le président américain, la polémique entourant la rémunération d'Henri Proglio, l'accord entre Kraft Foods et Cadbury et la faillite de Japan Airlines ont également fait les gros titres.

Barack Obama s'attaque aux banques...

Après un sévère revers électoral dans le Massachusetts, Barack Obama s'est montré très offensif envers les grandes banques américaines, très critiquées par l'opinion publique pour leur responsabilité dans la crise et la distribution d'énormes bonus. Le président américain a ainsi annoncé son intention d'imposer des restrictions sur les prises de risques financiers. Il souhaite ainsi interdire aux banques, ou aux institutions financières contrôlant des banques, de posséder, d'investir et de soutenir un fonds spéculatif ou un fonds de capital-investissement. Il veut également imposer une limite à la taille des banques qui prendrait en compte, outre les sommes déposées en banque, déjà plafonnées, d'autres sources de financement comme la dette. L'idée est de mettre fin à l'aléa moral du "Too big to fail" (trop gros pour faire faillite), qui a notamment contraint l'Etat américain à injecter 180 milliards de dollars pour sauver l'assureur AIG. Ces perspectives de régulation ont fait plonger les valeurs financières ce jeudi en Bourse, des valeurs déjà mises à mal en début de semaine par des résultats plutôt mitigés en provenance des grandes banques américaines.

... après avoir perdu sa majorité qualifiée au Sénat

L'avenir de la réforme du système de santé américain s'est peut-être joué ce mardi dans le Massachusetts après la victoire du candidat républicain Scott Brown au poste de sénateur. Avec cette défaite électorale majeure, les démocrates vont en effet passer sous le seuil stratégique des 60 voix à la chambre haute du Congrès américain. Ils vont ainsi perdre leur majorité qualifiée, absolument nécessaire pour éviter les pratiques de blocage parlementaire, dites du "filibuster ". En jeu: l'avenir de certaines réformes voulues par Barack Obama. Et plus particulièrement celle de la couverture sociale. A peine adoptée par le Sénat, après des semaines de tractations et de compromis, elle doit désormais passer entre les mains d'une commission de conciliation qui devra harmoniser les deux versions du texte: celle du Sénat et celle de le Chambre des représentants. Elle reviendra ensuite devant les sénateurs. Les républicains pourraient alors être en mesure de la faire capoter. Cette élection a également valeur de test à moins de dix mois des élections de mi-mandat, qui pourraient bien déboucher sur un rééquilibrage des forces politiques aux Etats-Unis.

Polémique sur la double rémunération d'Henri Proglio

Henri Proglio ne touchera finalement pas de double rémunération. Le nouveau PDG d'EDF a confirmé ce jeudi qu'il renonçait à son indemnisation en parallèle par Veolia - à hauteur de 450.000 euros par an - dont il est resté président du conseil d'administration. Il aurait accepté ce compromis à la demande du président de la république, Nicolas Sarkozy. Sa décision a été qualifiée de "sage" par le Premier ministre François Fillon. Le patron d'EDF dit l'avoir prise sans état d'âme mais souligne que la polémique pourrait le gêner pour mener à bien le projet qu'il nourrit pour l'évolution du groupe énergétique. L'affaire aura en tout cas suscité une importante polémique depuis deux jours qui a éclaboussé le gouvernement, accusé d'avoir promis que ce patron ne serait pas payé par les deux entreprises à la fois avant de finalement accepter un tel montage, destiné à maintenir la rémunération de 2 millions d'euros que touchait Henri Proglio comme PDG de Veolia. Dans l'opposition, on dénonce la double casquette d'Henri Proglio et réclame qu'il quitte l'une des ses fonctions.

Fin du feuilleton : Kraft Foods va racheter Cadbury

Kraft Foods est parvenu à ses fins. Le deuxième groupe agro-alimentaire mondial a en effet trouvé un accord avec Cadbury, sur un rachat d'un montant de 11,9 milliards de livres (13,6 milliards d'euros). Cela représente 850 pence par action, alors que Kraft Foods n'offrait jusque là que 745 pence. Une offre jugée dérisoire par les dirigeants du confiseur britannique, qui avaient recommandé à leurs actionnaires de la refuser. Le géant américain a dû se résoudre à revoir ce chiffre à la hausse alors qu'Hershey était sur le point de présenter une contre offre plus intéressante. Ce dernier a confirmé qu'il renonçait à acquérir Cadbury. Cet accord doit donner naissance au leader mondial de la confiserie, devant le groupe non coté Mars-Wrigley. Il unira sous une même bannière le chocolat Dairy Milk et les chewing-gums Trident de Cadbury, et les marques Milka, Toblerone et Terry's de Kraft.

Japan Airlines se place en faillite

La première compagnie aérienne du Japon, Japan Airlines (JAL), s'est finalement placée en dépôt de bilan et poursuivra son activité pendant sa restructuration. Le gouvernement prévoit un plan de sauvetage pour la compagnie qui comprend la suppression de 15.600 postes, soit un tiers des effectifs, du fait de la disparition de plusieurs filiales. Ces réductions de postes vont entraîner la disparition de 14 lignes internationales et 17 lignes intérieures. L'Etat envisage également d'injecter près de 2,3 milliards d'euros (300 milliards de yens) de capitaux publics. Delta et American Airlines courtisent la compagnie japonaise avec des offres d'aide financière concurrentes, souhaitant de cette façon obtenir un accès aux voies aériennes vers les marchés asiatiques en plein essor et renforcer leur présence au Japon. JAL, déjà refinancée à trois reprises par des organismes publics depuis 2001, est plombée par une dette qui avoisine 12 milliards d'euros.

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Commentaires
a écrit le 23/01/2010 à 20:34 :
Il s'acharne a tuer la poule aux oeufs d'or'du moins ce qui peut en rester!

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