La droite hongroise largement en tête aux législatives

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Le Fidesz de l'ancien Premier ministre Viktor Orban a obtenu la majorité au premier tour des législatives et s'apprête à gouverner un pays qui souffre économiquement. Tout l'enjeu du second tour est de savoir s'il obtiendra la majorité des deux tiers à l'Assemblée, qui lui permettrait de faire des réformes de fond, voire de modifier la constitution.

Le parti de centre droit Fidesz a largement remporté le premier tour des législatives de dimanche en Hongrie, avec 52,8% des voix, selon le décompte de 99% des bulletins. Les socialistes du MSZP, au pouvoir, ne remportaient quant à eux que 19,3%, talonnés par le parti d'extrême droite Jobbik, crédité de 16,7%.

Cette dernière formation disposera donc pour la première fois de sièges au parlement, de même que les libéraux verts du LMP, qui reçoivent 7,42% des voix.

Selon la commission électorale, le Fidesz, qui depuis huit ans était dans l'opposition, s'arrogerait 206 sièges sur 386 dès le premier tour du scrutin, contre 28 pour les socialistes, sévèrement battus.

Le chef de file du Fidesz, ancien et futur Premier ministre, Viktor Orban, a revendiqué la victoire et estimé que les Hongrois avaient voté contre "l'absence d'espoir". "Les Hongrois ont voté pour la Hongrie et son avenir. Aujourd'hui, les Hongrois ont triomphé de l'absence d'espoir. Je sens dans mes nerfs et je sais dans mon coeur que je suis face à la plus grande tâche de mon existence. J'aurai besoin de tout le peuple hongrois pour la surmonter".

"Si les résultats ne changent pas, alors une chose est évidente: le Parti socialiste hongrois a perdu la possibilité de gouverner, mais il n'a pas perdu, et compte bien saisir, la possibilité d'être le premier parti d'opposition", a déclaré la présidente du parti, Ildiko Lendvai.

Le président hongrois Laszlo Solyom a pris acte de l'issue du scrutin. "Ces résultats bouleversent radicalement le paysage politique hongrois. Que le parti vainqueur s'assure d'un mandat aussi large et clair que les chiffres l'indiquent est sans précédent", a-t-il estimé.

Le Jobbik disposerait pour l'instant de 26 sièges, et le LMP de cinq. Lors du second tour le 25 avril, 121 sièges restants seront attribués. Les ultra-nationalistes du Jobbik ont mené durant leur campagne une offensive contre la minorité tzigane, surtout présente dans le nord-est du pays, accusée d'être en grande partie responsable de la criminalité.

Le Fidesz, quand il était aux affaires, a pu profiter d'une économie florissante et de l'investissement étranger. La situation économique est radicalement différente aujourd'hui. L'économie hongroise s'est contractée de 6,3% l'an dernier et tout laisse à penser qu'elle stagnera cette année. Le taux de chômage atteint 11,4%, au plus haut depuis 1994.

Le parti victorieux a promis de créer un million d'emplois en dix ans, de favoriser le crédit et d'aider les petites entreprises, tout en réduisant la fiscalité. Les Hongrois attendent de lui une amélioration de leurs conditions de vie et de leur pouvoir d'achat, mis à mal ces dernières années. Le Fidesz, qui a dirigé la Hongrie entre 1998 et 2002, a fait campagne sur les réductions d'impôt, la création d'emplois et l'appui aux PME pour relancer une économie mal en point.

Le Fidesz pourrait même, selon certains analystes, obtenir une majorité des deux tiers des sièges à l'assemblée qui lui permettrait de lancer d'ambitieuses réformes structurelles. Une majorité des deux tiers - au moins 258 élus - lui permettrait de faire adopter pendant les quatre ans du mandat parlementaire des lois structurelles visant notamment à réduire les effectifs de l'administration, voire à remanier la constitution adoptée après la chute du communisme.

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