La Ruée vers Shanghai

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Ouvertures de boutiques en veux-tu en voilà, multiplication des entreprises de séduction originales, les marques de luxe sont atteintes de frénésie aiguë à Shanghai.

« Il y a un an, certaines marques s?interrogeaient encore sur la Chine comme relais de croissance. Et la manière de s?implanter à Shanghai. Aujourd?hui, toutes sont à l?affût des meilleures solutions pour satisfaire le consommateur chinois », explique Charles de Brabant. Dunhill, dans son nouvel espace La Villa, a ouvert un espace barbier. Pour Chanel, qui s?est installée en octobre dernier dans le mall de l?hôtel Peninsula, Karl Lagerfeld a réalisé un film sur Coco qui a parlé tout droit au c?ur des businesswomen. Femmes fortes, elles ont reconnu en elle leur modèle d?indépendance. Prada aussi s?est lancée dans la production cinématographique avec le cinéaste Yang Fudong. Quant au groupe Swatch, il devrait ouvrir en août (si les travaux sont finis) en lieu et place de l?ancienne partie sud du Peace Hotel South (l?adresse mythique de Shanghai) un centre d?art contemporain qui accueillera des artistes en résidence, présentera des expositions à côté de son espace commercial. Dior prépare pour le 15 mai un défilé événement. Bernard Arnault met ses équipes sous pression pour qu?il soit le plus spectaculaire possible. Marque star sur le marché avec Gucci et Chanel, forte du succès de son immense magasin de Pékin, Louis Vuitton n?est pas en reste et abonde dans la course au gigantisme. Quelques jours avant l?ouverture ce week-end, toujours sur Huaihai Road, les badauds se prenaient déjà en photo devant la façade aux reflets argent. De l?autre côté de la rue, une bâche peinte, plus sobre, de chevaux galopants, dissimule les travaux de rénovation titanesque qu?Hermès entreprend pour ouvrir, en 2012, une maison comme celle du 24, faubourg Saint-Honoré, à Paris. Cette dernière abritera sans doute les ateliers de la future marque locale que la société a entrepris de lancer : Shang Xia (dessous-dessous en mandarin) et pour laquelle elle recrute actuellement dans tout le pays des artisans dont le savoir-faire est ancestral. « Leur démarche s?inscrivant à long terme est remarquable. La notion du temps est ici très importante. Une marque comme Ermenegildo Zegna est en ce sens exemplaire. Car elle accompagne les clients, elle les conseille. Ici, le shopping est l?activité numéro un.

On dit des cadres chinois qu?ils sont les plus stressés au monde. Ils ont besoin de ?pouponning?. Ils ont envie qu?on les aide à s?évader, à être réconfortés. Et Zegna fait cela très bien. » Forte de 73 magasins en Chine, la marque ouvrira le 8 juillet prochain un global store designé par Peter Marino. Alors pourquoi cette frénésie ? C?est tout simple. Comme le dit Philip Ho, vice-président des Leading Hotels of the World pour l?Asie-Pacifique : « Le monde entier est en récession mais pas la Chine. » Ici, le luxe est affaire de statut, c?est un signe extérieur de réussite. Alors certes, les taxes rendent encore les produits très chers. Mais, forte d?un nombre de milliardaires exponentiel et d?une classe moyenne ambitieuse, la Chine mérite d?être traitée avec mansuétude. Aujourd?hui, en France, les touristes chinois dépensent plus de 1.000 euros en produits de luxe pendant leur séjour. Ils ont pris la tête du peloton. Les Japonais sont battus à plate couture. De quoi les pouponner, non ?
 

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