Ernst & Young reste réservé sur la croissance européenne 2011

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L'étude du cabinet de conseil dépeint une Europe à trois vitesses : l'Allemagne en tête, la France assez loin derrière, et enfin les pays "à risques" comme l'Espagne.

La zone euro a beau avoir affiché une performance correcte en 2010, avec un taux de croissance de 1,7%, cette embellie risque de déraper l'an prochain, sous l'effet notamment des incertitudes concernant la crise de la dette.

Selon l'étude menée par le cabinet Ernst & Young, la croissance du PIB de la zone euro devrait atteindre 1,4% seulement en 2011. Une croissance qui sera en outre mal partagée, avec une Allemagne affichant une progression de sa richesse de 2,1% en 2011 (après avoir enregistré une croissance de 3,5% cette année), suivie par la France, qui devrait afficher une performance de 1,8% en 2011 (après un maigre 1,6% cette année), et enfin, en queue de peloton des grands pays, l'Espagne, qui devrait connaître une très légère progression de son activité (+ 0,6%) en 2011, après une contraction de son PIB en 2010 (- 0,2%).

Les prévisions d'Ernst & Young sont donc non seulement contrastées, mais aussi passablement réservées pour l'année qui vient. De quoi compliquer un peu plus la tâche de la Banque centrale européenne, qui devra notamment prendre en compte ces disparités au sein de la zone euro.

Manque de confiance

 

Autre incertitude l'an prochain, le manque de confiance des ménages et des entreprises, entraînant une faiblesse de la consommation et des investissements. Partout en Europe, les experts d'Ernst & Young constatent que "la consommation et les investissements des entreprises restent inhabituellement bas". Mais alors que les choses tendant à s'améliorer en Allemagne, sous l'effet de l'embellie de la croissance, de nature à donner le moral aux agents économiques, la France est la traîne. "Les chefs d'entreprises français nous disent qu'ils sont prêts à investir, relève Marie Diron, économiste à Oxford Economics et qui a participé à l'étude Ernst & Young. Mais comme la confiance est bien moins bonne en France qu'en Allemagne, ils ne sautent pas le pas, même si d'autres conditions sont favorables : des taux d'intérêt bas, des banques solides et un endettement modéré des entreprises". Il faudra donc encore attendre...

 

Divergences

 

Comme sur l'investissement, sur les exportations, la comparaison France-Allemagne tourne là aussi à l'avantage de Berlin. "Alors que les exportations allemandes avaient accusé un recul de 14% l'an dernier, elles auront augmenté d'autant cette année", remarque Alexis Karklins-Marchay, associé chez Ernst & Young. Côté français, en revanche, les exportations avaient baissé de 12% en 2009, pour ne remonter que de 10% cette année. A cette divergence entre France et Allemagne s'ajoute le grand écart entre ces deux pays et certains de leurs voisins, en particulier au Sud. Même si le scénario d'une crise sur la dette souveraine du Portugal et de l'Espagne n'est pas le scénario central des experts d'Ernst & Young, ils l'envisagent.

"Notre inquiétude, c'est que la Banque centrale européenne n'est pas prête à affronter une nouvelle crise si c'est l'Espagne qui est touchée", relève Alexis Karklins-Marchay, associé chez Ernst & Young. Mènera-t-elle, à l'image de la Réserve fédérale américaine, une stratégie de "quantitative easing" (achat massif d'obligations) pour faire baisser les taux longs ?

Enfin dernier sujet d'inquiétude : l'euro. "Que l'on puisse débattre d'un système de deux euros, l'un au Nord et l'autre au Sud", est un tabou que cet expert n'aurait pas voulu voir tomber. "Ou il y a un euro ou il n'y en a pas", conclut-il...

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Commentaires
a écrit le 13/12/2010 à 20:34 :
Bon, ils n'ont qu'à embaucher Lagarde pour donner un peu de couleur aux chiffres :-)

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