Egypte : l'armée dissout le Parlement et veut amender la constitution

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L'Egypte fête le départ annoncé vendredi de son président Hosni Moubarak. L'armée aux commandes du pays promet une "transition pacifique" vers un pouvoir civil et le respect des traités internationaux. Elle a annoncé dimanche la dissolution du Parlement et la suspension de la Constitution qui sera amendée.

Deux jours après le départ d'Hosni Moubarak, l'Egypte en fête et le monde entier s'interrogent sur les modalités de la "transition pacifique" vers un "pouvoir civil" promis par l'Armée samedi. Aux commandes réelles du pays, les militaires, emmenés par le maréchal Tantaoui, à la tête du conseil suprême des forces armées, ont annoncé que l'ensemble des traités nationaux et internationaux signés par l'Egypte seront respectés. Un geste d'apaisement envers Israêl où l'inquiétude est forte sur les suites politiques de la chute d'un régime qui avait permis la paix depuis 30 ans. Pour l'heure, le gouvernement nommé par M. Moubarak quelques jours avant sa chute reste en place, pour gérer les affaires courantes. Une réunion s'est même tenu dimanche matin, pour examiner les moyens de rétablir la bonne marche du pays, alors que l'armée s'efforce de convaincre les manifestants, joyeux, mais encore sur leur garde, de lever les baricades et de nettoyer la place Tahrir, où s'est déroulée sous les yeux du monde entier la révolution.

Une transition politique de six mois

Dimanche, l'armée égyptienne, en charge de la gestion du pays depuis la chute d'Hosni Moubarak, a annoncé la dissolution du Parlement, constitué de l'Assemblée du Peuple et de la "Choura", la chambre haute consultative . Elle a en outre indiqué que la période de transition politique durerait six mois.
Dans son  communiqué lu par une présentatrice à la télévision d'Etat, le conseil suprême des forces armées, à qui M. Moubarak a transmis le pouvoir vendredi, annonce également  la "suspension de la Constitution" et la création d'une commission pour l'amender et organiser un référendum sur ces changements.
Le conseil suprême, instance formée d'une vingtaine de généraux, ajoute qu'il "prend en charge la direction des affaires du pays provisoirement pendant six mois, ou jusqu'à la fin des élections législatives et pour la présidence de la République".

L'euphorie a gagné tout le pays

Au terme de dix-huit jours d'un bras de fer tendu entre les manifestants de la place Tahrir et Hosni Moubarak, le président égyptien a finalement admis sa défaite vendredi, quelques heures seulement après avoir répété qu'il ne quitterait pas ses fonctions jusqu'à l'élection d'un nouveau président en septembre. A 82 ans, l'ancien homme fort, qui s'apprêtait encore il y a quelques semaines à préparer une transition dynastique, s'est réfugié à Charm el Cheikh, station balnéaire de la mer Rouge. Toute la nuit, les Egyptiens ont dansé, ri, chanté dans l'espoir d'assister à l'avènement d'une nouvelle ère. L'euphorie n'a pas seulement envahi la place Tahrir, c?ur de la contestation au régime d'Hosni Moubarak dans le centre du Caire. Elle semble avoir gagné tout le pays, d'Alexandrie à Suez, où une nation entière paraît être descendue dans les rues. Des feux d'artifice ont été tirés. Des concerts de klaxons ont été lancés au milieu des drapeaux aux couleurs nationales, noir, blanc et rouge. Les gens ont brandi leurs enfants au-dessus de leurs têtes. Certains se sont pris en photo avec des militaires souriants sur leurs blindés.

La Tunisie, l'Egypte et maintenant l'Algérie ?

Gonflée par les chaînes de télévision satellitaire et les réseaux sociaux sur internet, la vague de soulèvements populaires semble se propager à travers le monde arabe, huit semaines seulement après l'immolation du jeune Tunisien Mohamed Bouazizi dans la ville provinciale de Sidi Bouzid. Cet acte de désespoir d'un jeune diplômé contraint de vendre des fruits et légumes après la confiscation de sa marchandise par la police a conduit quatre semaines plus tard au renversement de Zine ben Ali, en place depuis 1987. Le pouvoir d'Hosni Moubarak s'est ensuite écroulé en dix-huit jours en Egypte. 

Et maintenant l'Algérie ? Samedi, une manifestation a été organisée en Algérie pour réclamer des changements démocratiques. Mais le pouvoir a muselé la marche des opposants.

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