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Les républicains sauvent les apparences... mais le compromis reste encore loin

Par Jérôme Marin, correspondant à New York

Publié le 29 juillet 2011 à 19:28

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Les républicains sont bien parvenus à faire adopter leur plan pour relever le plafond de la dette en deux temps. Mais le texte a été rejeté dans la foulée par le Sénat. Les sénateurs républicains optent désormais pour une tactitque de blocage parlementaire.

Au lendemain du coup de tonnerre provoqué par le report du vote sur le plan Boehner à la Chambre des représentants, les républicains sont parvenus à sauver les apparences ce vendredi. Leur projet de relèvement en deux temps du plafond de la dette fédérale et de réduction des dépenses publiques a été adopté... à 3 voix près. Pour récolter les derniers votes nécessaires, l'état-major républicain avait accepté d'y intégrer un amendement obligeant l'Etat fédéral à présenter un budget équilibré chaque année.

Alors qu'aucun démocrate n'a voté pour, 22 républicains ont rejeté le texte, essentiellement des représentants issus du Tea Party, cette mouvance regroupant des ultraconservateurs et des libertariens qui a fait une entrée remarquée au Congrès en novembre dernier, lors des élections de mi-mandat, en faisant campagne contre le "Big Governement". Ces élus privilégient aujourd'hui un autre plan, baptisé "Couper, plafonner, équilibrer", que la Chambre a adopté la semaine dernière. Un texte extrême, provocateur et symbolique qui aurait provoqué 5.500 milliards de dollars de coupes budgétaires au cours de la prochaine décennie, sans la moindre hausse d'impôts.

Dans la foulée, le projet de la Chambre a été rejeté par le Sénat, comme l'avait promis son président Harry Reid. 59 sénateurs (sur 100), dont 6 républicains, ont voté contre. Les démocrates s'opposent au calendrier proposé par John Boehner, souhaitant lever au plus tôt l'incertitude pesant sur la dette américaine. Et cela ne ferait qu'empoisonner la vie politique pour six mois supplémentaires, ajoutent-ils.

Le plan Boehner se base en effet sur un relèvement en deux étapes du plafond de la dette. Dans un premier temps, il serait rehaussé de 900 milliards de dollars, ce qui permettra à l'État de s'endetter jusqu'à la fin de l'année. En contrepartie, les dépenses publiques seraient réduites de 917 milliards de dollars. Et elles seraient, à l'avenir, limitées à un certain pourcentage du PIB. Dans un second temps, une commission bipartisane serait chargée d'identifier de nouvelles sources d'économies, devant atteindre 1.800 milliards de dollars. Dans ces conditions, un deuxième relèvement du plafond serait alors effectué.

Pour sortir de l'impasse, les sénateurs démocrates souhaitent maintenant travailler avec leurs homologues républicains dans l'espoir de trouver un compromis en partant du plan déjà proposé par Harry Reid. Ce plan a un objectif clair: mettre sur la touche les sujets sensibles. Pour ne pas fâcher l'aile gauche de son parti, il ne comprend aucune coupe dans les programmes sociaux, comme les retraites et Medicare, l'assurance-santé des personnes âgées. À l'opposé, il ne prévoit pas de renforcement de la fiscalité, catégoriquement rejeté par une grande partie des républicains. Les propositions démocrates permettraient cependant de réduire de 2.200 milliards de dollars les déficits publics au cours des dix prochaines années. En échange, le plafond de la dette serait relevé de 2.400 milliards de dollars.

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Vendredi matin, Harry Reid le président du Sénat a appelé les sénateurs républicains à lui "faire des propositions pour améliorer son plan", tout en gardant à l'esprit qu'un relèvement en deux temps du plafond de la dette était exclu. Mais, dans la soirée, Mitch McConnell, le chef de file des républicains, a opposé une fin de non-recevoir, réclamant de discuter directement avec Barack Obama. En raison de l'absence de "super-majorite" démocrate (60 sièges), les sénateurs républicains peuvent mettre en place une tactique de blocage parlementaire (filibuster), qui empêche le Sénat d'avancer rapidement.

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Si toutefois un compromis était trouvé, le nouveau texte serait alors soumis au vote du Sénat, samedi ou dimanche, selon l'avancée des négociations. La Chambre devra ensuite l'adopter, ce qui est loin d'être gagné par avance. Il ne reste plus que quatre jours au Congrès pour adopter un compromis et relever le plafond de la dette fédérale. Et le temps presse pour compléter le processus parlementaire avant le 2 août, date au-delà de laquelle l'État américain ne pourra plus s'endetter. Les conséquences seraient alors dramatiques pour la première économie mondiale, qui perdrait, pour la première fois de son histoire, son triple A.

Par Jérôme Marin, correspondant à New York

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