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ÉconomieInternational

Le Tea Party, une épine dans le pied des républicains

Jérôme Marin, à New York

Publié le 28 juillet 2011 à 12:22 - Mis à jour le 28 juillet 2011 à 12:28

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Le mouvement ultra-conservateur refuse tout compromis avec les démocrates pour relever le plafond de la dette

Un contretemps aux allures d'échec. Prévu mercredi, le vote par la Chambre des représentants du plan républicain pour réduire les déficits publics a brutalement été repoussé, alors même qu'il ne reste plus que cinq jours au Congrès pour relever le plafond de la dette fédérale américaine. Ce report est un coup d'arrêt dans la feuille de route de John Boehner, le plus haut responsable républicain au Parlement. Car toute sa stratégie reposait sur l'adoption rapide de ce projet, afin de le présenter au plus vite au Sénat, à majorité démocrate. En cas de rejet, il aurait alors pu faire porter la responsabilité du blocage - et de l'éventuel défaut de paiement - aux démocrates.

Cette décision a été précipitée, mardi, par les sérieux doutes émis par le Congressional Budget Office (CBO), l'organisme bipartisan du Congrès chargé de surveiller le budget de l'État, sur les chiffres avancés (3.000 milliards de dollars de coupes budgétaires sur dix ans). Mais ce report est d'abord motivé par l'offensive menée ces dernières heures par les républicains conservateurs, notamment du Tea Party. Ils estiment que ce projet ne va pas assez loin dans la baisse des dépenses publiques et appellent à faire barrage. Sans aucun vote démocrate, il suffirait que 23 des 240 représentants républicains votent contre pour provoquer son rejet.

À lire également

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  • "Le Tea party a pénalisé les républicains"

Le Tea Party est une mouvance ultra-conservatrice, qui a fait une entrée remarquée au Congrès en novembre dernier, en faisant campagne contre le « Big Government ». Très puissant à la Chambre, il constitue aujourd'hui une véritable épine dans le pied des républicains, pris au piège entre le nécessaire compromis avec les démocrates et la volonté de ne pas fâcher une partie de son électorat. Or, le Tea Party n'est pas prêt à accepter la moindre concession sur la réduction du poids et du rôle de l'État. Certains élus refusent d'ailleurs catégoriquement de relever le plafond de la dette. Répondre à leurs revendications rendrait impossible tout accord au Congrès. Mais en les ignorant, les républicains modérés prendraient un risque, celui de voir un candidat du Tea Party remporter les primaires, en témoigne la nette percée dans les sondages de Michele Bachmann. Ce serait le meilleur moyen d'assurer la réélection de Barack Obama en 2012.

Jérôme Marin, à New York

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