Pékin joue la conciliation face à la menace du vote américain

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La Chine est très dépendante de ses exportations, lesquelles représentent un cinquième de son PIB.

Chaque fois que les mesures protectionnistes américaines menacent l'économie chinoise, la réaction de Pékin est immédiate : en guise de bonne volonté, le pays laisse la monnaie s'apprécier.

Si le projet de loi (qui doit encore être voté par les deux chambres et validé par le président Barack Obama) est avant tout politique, le geste de Pékin l'est tout autant. Depuis 2005, la Chine laisse sa monnaie s'apprécier d'environ 5 % par an - sauf entre 2008 et 2010, lorsqu'elle était ancrée au dollar - et, malgré les pressions américaines, il y a peu de chances qu'elle dévie de son axe. Le débat sur la question de la réévaluation en Chine est vif entre, d'un côté, la banque centrale et les économistes, qui prônent une réévaluation rapide au risque de voir la croissance ralentir et, de l'autre, le ministère du Commerce, qui cherche à protéger ses exportateurs. La question n'est pas tranchée, d'autant que les exportations représentent encore 20 % du PIB.

Pure rhétorique

Pour l'instant, les réactions de Pékin au projet de loi ont été purement rhétoriques. Le porte-parole du gouvernement est monté au créneau et l'a dénoncé avec vigueur dans les médias : le pays n'hésitera pas à entamer une guerre commerciale si Washington s'engage dans la voie protectionniste.

En réalité, il est peu probable que le projet de loi américain ait une suite. Et si tel était le cas, il faudrait du temps pour que les premières mesures contre des produits chinois se manifestent. « Pour l'instant, le seul impact de ce projet de loi est politique », explique Andy Rothman, économiste chez CLSA à Shanghai. Les États-Unis cherchent avant tout à pousser la Chine à réévaluer le yuan plus rapidement. Malgré sa hausse de 7,5 % en dix-huit mois, ils le jugent sous-évalué de 20 à 25 %. Le ton devrait donc monter d'un cran entre Washington et Pékin - année électorale oblige - et le risque d'une guerre commerciale n'est pas exclu. Mais, comme le rappelle Michael Pettis, professeur de finance à l'université de Pékin : « Les pays dont la balance commerciale est déficitaire sont historiquement gagnants dans ce cas. Les États-Unis ont beaucoup de moyens pour limiter les importations chinoises. La Chine, en revanche, possède peu d'armes pour se protéger. Elle souffrirait d'un ralentissement du commerce. » En 2008, suite à la crise financière, des milliers d'usines tournées vers l'export avaient mis la clé sous la porte.

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Commentaires
a écrit le 12/10/2011 à 15:11 :
Tout va bien

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