L'Europe s'oriente vers un plan de recapitalisation de 108 milliards d'euros

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Les ministres des Finances européens ont péniblement accouché d'un plan permettant aux banques de renforcer leurs fonds propres. Ce plan devraient inclure quelque 46 milliards déjà promis à l'Irlande, à la Grèce et au Portugal pour leurs établissements de crédit.

Les ministres européens des Finances, réunis à Bruxelles avant l'ouverture du sommet des dirigeants de l'Union européenne de dimanche, sont parvenus péniblement samedi à s'entendre sur un plan de recapitalisation des banques de 108 milliards d'euros, alors que le principe était en fait déjà acquis la semaine dernière. En revanche, les modalités précises, concernant notamment le recours au fonds de sauvetage de l'euro, le FESF, n'ont pas fait consensus et ne devraient être dévoilées que mercredi.

La recapitalisation bancaire inclura 46 milliards déjà promis, selon l'agence Reuters. Les 110 milliards d'euros dont les banques européennes pourraient avoir besoin pour renforcer leur capital devraient inclure quelque 46 milliards déjà annoncé pour soutenir les établissements de crédit de l'Irlande, la Grèce et du Portugal a rapporté l'agence dimanche de sources européennes.

Le montant découle directement des nouvelles exigences de solvabilité souhaitées par la Commission européenne. Une soixantaine des principaux établissements du continent devront parvenir à un ratio de fonds propres durs, ou « Core Tier One », de 9 % d'ici à la mi-2012 et devront en outre comptabiliser leurs titres de dette souveraine à leur valeur de marché. Les banques qui seraient amenées à refuser ces nouvelles règles du jeu se verront sanctionnées avec interdiction de verser des dividendes à leurs actionnaires ou des bonus à leurs dirigeants. Les principaux bénéficiaires de ce plan devraient être les trois pays déjà placés sous programme d'aide : la Grèce, le Portugal et l'Irlande.

L'Autorité bancaire européenne (EBA) avait été chargée de mesurer les besoins en fonds propres des différents établissements et de réactualiser leurs expositions respectives aux titres de dette souveraine. Les résultats des « stress tests » bancaires, présentés en juillet, évaluaient alors le besoin en recapitalisation à... 2,5 milliards d'euros seulement ! On comprend pourquoi l'EBA a précisé la semaine dernière qu'elle n'envisageait pas, pour le moment, de renouveler l'opération.

Un exercice auquel s'est en revanche essayé Standard & Poor's, dans une étude publiée vendredi, qui teste la résistance de l'Europe et de son système financier (lire page 6). Selon le scénario choisi par l'agence de notation, le besoin en fonds propres supplémentaires pour l'ensemble des banques européennes serait compris entre 115 et 132 milliards d'euros.

En complément du plan de recapitalisation, les autorités européennes réfléchiraient à une réactivation des garanties offertes aux banques à l'automne 2008, pour permettre à celles-ci de trouver des financements à moyen et long terme.

Les créanciers privés de la Grèce attendaient également du sommet des précisions sur le montant de la décote qu'ils devront appliquer sur les titres grecs détenus en portefeuille. Les banques, assureurs et fonds qui détiennent de la dette grecque devraient finalement appliquer une dépréciation d'au moins 50 % sur ces titres, contre 21 % prévus lors de l'accord du 21 juillet. En réponse, dans la soirée, les banquiers ont proposé de porter leur décote à 40 %.

Les dirigeants européens, après avoir conspué, pour la plupart, les appels à un programme de recapitalisation des banques par Christine Lagarde fin août, ont donc fini par le juger nécessaire afin d'éviter une hypothétique contagion de la crise de la dette. Un revirement opéré en raison de l'inquiétude croissante pour la zone euro, notamment de la part des États-Unis et de la Chine. Les deux premières puissances de la planète souhaitent que des décisions fortes soient prises par l'Europe alors que doit se tenir les 3 et 4 novembre un sommet du G20 à Cannes sur fond de ralentissement de l'économie mondiale.

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