Le FMI réduit ses prévisions pour l'économie mondiale en 2012

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Plombé par la crise de la dette en Europe, le monde ne devrait plus croître que de 3,3 % en 2012.

 

« La reprise mondiale, qui était faible au départ, menace de caler. » C'est le constat sans appel du FMI qui vient de revoir à la baisse ses estimations de croissance mondiale à 3,3 % en 2012 contre 4 % et a demandé en conséquence aux gouvernements de modérer leur plan de rigueur pour cette année. « Le monde pourrait connaître une nouvelle récession si la crise s'intensifie en Europe », a averti Olivier Blanchard, l'économiste en chef du fonds.

L'institut de Washington s'attend à ce que le PIB de la zone euro fléchisse de 0,5 % cette année avant de recommencer de croître autour de 0,8 % en 2013. Les États-Unis, eux, devraient en revanche continuer d'enregistrer une croissance de 1,8 % tandis que le Japon n'enregistrera que 1,7 % de croissance au lieu des 2,3 % anticipés en septembre.

Au total, il ne faudra donc guère s'attendre à plus de 1,5 % de croissance mondiale en moyenne en 2012 et 2013, ce qui reste très largement insuffisant pour enrayer la hausse du chômage.

Pis, le FMI estime qu'en cas d'aggravation de la crise de la dette souveraine sur le Vieux Continent, les prévisions de croissance mondiale pourraient être amputées d'environ 2 points de pourcentage.

Hostilité de l'Allemagne.

À cet égard, la patronne du FMI, Christine Lagarde, a plaidé en faveur d'un « coupe-feu européen » pour éviter que la crise grecque ne se propage à d'autres pays en mauvaise posture budgétaire, comme l'Italie et l'Espagne. À cette fin, elle recommande d'additionner « dans un pot commun » les ressources du Fonds de stabilité financière (FESF) et de son remplaçant, le Mécanisme européen de stabilité (MES). Une fusion qui a, jusqu'à présent, suscité l'hostilité de l'Allemagne.

« Si l'ensemble des deux pouvait faire un pot commun européen, cela serait un signal très fort de confiance en Europe », a indiqué Christine Lagarde sur Europe 1 faisant allusion aux 750 milliards d'euros que cela représenterait.

« Ce n'est pas la seule chose, il faut aussi qu'il y ait des règles communes, il faut qu'il y ait une espèce de volonté collective démontrée notamment par une ligne de défense », a-t-elle insisté. « Si les bonnes décisions sont prises dans les semaines qui viennent, alors la fin de l'année 2012 sera meilleure que le début », a-t-elle ajouté en réaffirmant qu'elle croyait en « l'avenir de l'euro ».

Dans ce contexte, les pays émergents ne sont guère épargnés. Globalement, ces économies devraient connaître un ralentissement brutal, pour ne plus croître que de 5,4 % cette année contre 6,1 % comme cela était prévu en septembre. La Chine devrait passer sous le seuil des 9 %, à 8,2 % cette année avant de revenir à une croissance de 8,8 % en 2013. Le Moyen-Orient et l'Afrique devraient néanmoins continuer de voir leur croissance s'accélérer, notamment en Libye.

Seule lueur d'espoir dans ce tableau très noir : la croissance mondiale pourrait repartir à l'horizon 2013 en s'établissant à 3,9 %.

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Commentaires
a écrit le 26/01/2012 à 13:14 :
mais. qui peut croire que C Lag_ourde complètement aveugle et sourde en france va prévoir l'avenir via le FMI?
autant croire en la voyance!
principe de Peters déjà dépassé, alors!!!
a écrit le 26/01/2012 à 8:02 :
C'est la fuite en avant proposée en Europe par le FMI alors que l'Allemagne sait très bien que son avenir économique ne tient qu'à un fil, celui de son commerce extérieur, dépendant à 80 % des autres Etats de l'UE. Avec les mesures d'austérité et la croissance nulle et bientôt négative dans une majorité d'Etats, ses clients ne pourront plus lui acheter ses machines. Seront finis ses excédents et commencera une hausse du chômage qui viendra, juste avant les élections, rompre le beau consensus de la classe politique allemande.

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