Les pays émergents, nouvel eldorado nucléaire
Marie-Caroline Lopez
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Fukushima n'a pas refroidi toutes les ardeurs nucléaires, loin de là. En 2011, environ 60 pays, vierges de tout réacteur, ont consulté l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour faire leur premier pas vers l'atome. «Nous nous attendons à ce que cette année le Vietnam, le Bangladesh, les Émirats arabes unis, la Turquie et la Biélorussie débutent la construction de leurs premières centrales nucléaires,» a déclaré fin février Kwaku Aning, directeur adjoint de l'agence onusienne. La Jordanie et l'Arabie saoudite pourraient suivre leur exemple en 2013, a-t-il ajouté.
Des arguments sonnants et trébuchants
Ce ne sont pas des EPR français qui vont fleurir dans ces contrées. La grande majorité de ces nouveaux convertis à l'atome ont signé des contrats fermes avec AtomStroyExport (AES), la filiale export de la puissante agence nucléaire russe Rosatom. Pour convaincre, les Russes n'hésitent pas à déployer, à côté de leur très persuasive politique diplomatique, des arguments plus sonnants et trébuchants. A l'instar de la proposition qu'ils viennent de faire mercredi 7 mars à la Jordanie. Ils offrent au voisin d'Israël de financer, construire et exploiter pas moins de quatre réacteurs de 1.200 MW, selon un accord du même type que celui signé avec la Turquie en mai 2010. Cette offre intervient alors que la Jordanie, engagée de longue date dans un processus d'appel à candidatures international (l'Atmea d'Areva et de Mitsubishi, le VVER de Rosatom et le Candu canadien ont été présélectionnés) est supposée désigner le vainqueur d'ici à la fin du mois de mars.
20 milliards de dollars sur la table à Ankara
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En Turquie, les Russes ont devancé les occidentaux, et notamment Areva en discussion depuis des années sur un projet finalement abandonné en 2000, en mettant sur la table 20 milliards de dollars pour construire 4 réacteurs sur les bords turcs de la Méditerranée, dans la région de Akkuyu. Dans un premier temps, ils seront propriétaires à 100% mais proposent d'ouvrir à terme 49% du capital à des intérêts turcs. Un second site est à l'étude en Turquie, à Sinop, sur les rives de la Mer noire. Avant Fukushima, l'électricien japonais Tepco tenait la corde. Depuis, un protocole d'accord a été signé avec le constructeur japonais Toshiba. Les Français EDF, GDF Suez et Areva seraient en discussion pour venir en renfort.
Marie-Caroline Lopez
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