José Manuel Barroso esquisse son programme des cinq ans à venir

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Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a dévoilé les grandes lignes de sa stratégie pour sortir l'UE de la récession. Reste à obtenir l'approbation du parlement européen pour un second mandat consécutif.

S?exprimant à l?occasion du congrès de l'Association économique européenne à Barcelone le 25 août, José Manuel Barroso a averti que les signes de reprise, bien qu?encourageants, n?en restaient pas moins fragiles et que les mesures de relance devraient certainement être maintenues pendant quelques temps.

"Clairement, il est trop tôt pour cesser de soutenir l?économie et le secteur financier", a expliqué José Manuel Barroso.

Alors que les plans de relance sont toujours en vigueur à travers l?Union européenne, il a déclaré que ramener les déficits publics en dessous de l?objectif européen de 3% du PIB prendrait du temps. Il a de plus admis que la date limite pour un retour à la normale des déficits ne devrait pas être la même pour tous les Etats membres.

"La première priorité est de restaurer le flux du crédit", a affirmé le président de la Commission, ajoutant que pour prêter, les banques devaient être dans une position solide. "La seconde priorité est de s?assurer que ces banques qui reçoivent assistance seront viables une fois le soutien public arrivé à son terme", a-t-il ajouté.

José Manuel Barroso devrait se présenter devant les dirigeants politiques du parlement européen les 8 et 9 septembre afin de présenter son programme quinquennal (EurActiv.fr 27/08/09). Il a toujours besoin d?un vote d?approbation de la part de l?assemblée européenne afin d?être reconduit pour un second mandat.

"Combattre le chômage est devenue notre priorité numéro un", a-t-il dit, expliquant que les mesures de soutien social dans les plans de relance nationaux faisaient partie de cet effort.

Mais il a aussi prévenu que les mesures de relance ne pouvaient pas continuer indéfiniment, expliquant que les Européens devaient d?ores et déjà se préparer à une stratégie de sortie de ces mesures. "A un moment donné, a-t-il déclaré, de nouvelles sources de croissance devront prendre le relais".

Et d?évoquer des marchés ouverts : "dans de nombreux cas, ce sont les barrières non tarifaires qui entravent les exportations européennes", a déclaré José ManuelBarroso. "Il faut donc plaider pour une plus grande coopération en matière de réglementation avec nos principaux partenaires commerciaux. Au sein de l?UE, compléter et exploiter le marché unique devrait être une priorité."

En matière de réseaux, il propose de construire un réseau haut débit Internet, sécuriser l?approvisionnement énergétique et améliorer les interconnexions énergétiques. En matière d'innovation, de mettre en place une nouvelle stratégie de propriété intellectuelle.

Au chapitre des compétences, "certaines industries et certains secteurs vont décliner. Il va falloir assurer un processus de restructuration en douceur et aider les gens à se reconvertir dans d?autres secteurs", a déclaré José Manuel Barroso, ajoutant que les mesures de création d?une économie verte allaient également déboucher sur des emplois nouveaux et écologiques. "Les "emplois blancs" destinés à prendre soin des personnes âgées et des enfants apporteront aussi de nouvelles opportunités alors que la population européenne vieillit et que davantage de femmes entrent sur le marché du travail", a-t-il dit.

Concernant la ransition vers une économie pauvre en carbone et efficiente en ressources, "il s?agit là d?une grande opportunité, pas d?un problème mais d?une chance », a souligné José Manuel Barroso, expliquant que cela signifiait également s?assurer que nos politiques environnementales prennent en compte la situation de l?industrie européenne et sa capacité à s?adapter.

Pour le contrôle de la qualité des dépenses publiques, "avec moins de ressources en provenance des marchés financiers, les gouvernements vont devoir marquer le coup au niveau de leurs dépenses", a expliqué le président de la Commission. "Malgré tout, au même moment, ils vont être eux même soumis à de sévères contraintes financières", a-t-il averti. Etablir des priorités va être d?une importance capitale. Le président de la Commission estime donc qu?il y a là une possibilité pour étendre la surveillance dans le cadre du Pacte de croissance et de stabilité afin d?inclure un examen à la fois des dépenses et de la fiscalité pour voir si elles sont suffisamment favorables à la croissance.

"La crise pose des défis immenses, a conclu José Manuel Barroso, mais elle présente aussi des opportunités significatives". Il a admis, cependant, que ces dernières mettraient du temps avant de porter leurs fruits.

En pleine tourmente économique, la Commission européenne et les gouvernements nationaux ont commencé à réfléchir au remplacement de la stratégie globale européenne pour la croissance et l'emploi, mieux connue sous le nom de Stratégie de Lisbonne. Croissance verte, innovation et formation figureront probablement parmi les toutes premières priorités de cette stratégie (lire le

Dossier

d'EurActiv.fr )

CALENDRIER

8-9 septembre : présentation par José Manuel Barroso de son programme devant les groupes politiques du parlement européen
16 septembre : date possible de la tenue par le parlement européen du vote sur la reconduction de José Manuel Barroso
20 septembre : date possible du lancement par la Commission européenne de la consultation sur la Stratégie de Lisbonne post-2010



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