Réunion décisive pour le projet Iter

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A Cadarache, les 27 et 28 juillet, les sept partenaires d'Iter - Europe, Chine, Inde, Japon, Corée du Sud, Russie, États-Unis- s'accorderont sur le calendrier, les spécifications et les financements du projet de réacteur à fusion thermonucléaire. Mais c'est sur cette question financière que les discussions patinent depuis plusieurs mois.

Lancée en 2007, la construction d'Iter, un prototype de réacteur nucléaire en fusion, n'a cessé de prendre du retard. Censé entrer en activité en 2016, le réacteur ne sera finalement opérationnel qu'en 2018, pour une durée de 21 ans. Cette technologie devrait fournir aux opérateurs une énergie quasi-inépuisable et surtout très peu onéreuse.

Mais c'est du côté du financement de ce projet que le bât blesse. Initialement estimé à 6 milliards d'euros, le budget d'Iter a finalement besoin d'être plus que doublé, atteignant ainsi 16 milliards d'euros. La direction du programme justifie notamment cette augmentation par le fait que Cadarache se situe dans une "zone sismique".

Pour l'Europe, qui finance 45% du projet, la facture s'alourdit d'autant plus. De 2,7 milliards, la contribution européenne passe à 7,2 milliards d'euros, dont 1,4 pour 2012-2013. Les Etats membres ont eu bien du mal à trouver un terrain d'entente, après plusieurs mois de blocage. Mais en pleine période de rigueur budgétaire, ils sont finalement parvenus à un accord, entériné le 12 juillet. La France aura par exemple à sa charge 1,3 milliard d'euros en tout, entre 2006 et 2020.

Le temps presse

Le 20 juillet, la Commission européenne a adopté une proposition de financement pour les deux prochaines années. Entre 2012 et 2013, Bruxelles propose ainsi de redéployer 460 millions d'euros, initialement alloués au 7e programme-cadre de recherche. Elle suggère également de verser immédiatement 400 millions d'euros "de crédits inutilisés" au budget consacré à Iter. "Un autre transfert du même type sera précisé plus tard", promet la Commission, qui préfère attendre novembre et le début des négociations budgétaires, pour en dire plus. Cette proposition est intervenue après l'accord des Etats membres, le 12 juillet à Bruxelles.

De leur côté, les Verts européens dénoncent une "impasse financière". "Avec la crise financière en Europe, le projet Iter devient irréaliste: les Etats ne veulent pas payer pour financer ce projet, mais paradoxalement, ils y restent accrochés", affirme la députée Michèle Rivasi, qui estime que le projet ne devrait pas être placée en tête des priorités.

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