La BEI fait l'Arlésienne avec les ONG

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DR (Crédits : latribune)
Plusieurs organisations, dont la fédération d'ONG Counter Balance, ont décidé de saisir le médiateur européen. Elles s'estiment menées en bateau par la Banque européenne d'investissement, qui n'a toujours pas donné suite à leur plainte déposée deux ans plus tôt à l'encontre d'un projet hydroélectrique controversé en Ouganda.

C?est un projet gigantesque de 30 mètres de haut, visant à construire un barrage sur le Nil blanc relié à une centrale électrique, à moins de dix kilomètres du lac Victoria, le plus grand d?Afrique. L?Ouganda, tiré par un taux de croissance compris entre 5 et 10% depuis le début des années 2000, souffre de l?immense faiblesse de ses infrastructures énergétiques. La consommation annuelle d?électricité par personne atteint 50 kWh, quand elle dépasse les 3800 kWh en Pologne, pays dont la démographie est comparable.

D?où l?intérêt d?investir dans un nouveau barrage, à même de fournir 250 MW supplémentaires à la population et aux entreprises. D?un coût total de 875 millions de dollars, l?ouvrage hydroélectrique de Bujagali (du nom des chutes d'eau naturelles, très prisées par les touristes, près desquelles il a été bâti) a mobilisé des industriels comme Alstom ou Bouygues et de grands bailleurs tels que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou encore la Banque européenne d?investissement.

Délai de 140 jours ?

Il a également attiré l?attention des ONG qui, depuis la signature du contrat en 2005, n?ont eu de cesse d?exprimer de vives réserves. Elles craignent les conséquences pour l'environnement, les deux barrages précédemment construits ayant contribué à la baisse du niveau d?eau du lac tropical Victoria, source du Nil.

Elles s'inquiètent également de l'impact socio-économique pour les populations vivant de la pêche ou pour celles, contraintes au déplacement, qui n?auraient pas été correctement indemnisées. Subsistent enfin des doutes sur le prix du service, qui pourrait être augmenté par une "surestimation de la capacité du barrage", prédit Counter Balance. Conséquence, l?approvisionnement en électricité "ne sera accessible qu?aux segments les plus riches de la population ougandaise", redoute-t-elle.

Lasses de ne pas être écoutées, plusieurs organisations ont décidé de contre-attaquer en saisissant le médiateur européen, le 15 novembre.

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