L'Irlande met en garde contre un changement de traité européen
Éric Albert, à Londres
Éric Albert, à Londres
Alors que l'Allemagne et la France souhaitent une modification du traité pour renforcer la coopération économique entre les pays de la zone euro, Dublin s'inquiète de plus en plus ouvertement du problème que cela lui poserait. La Constitution irlandaise oblige en effet à soumettre à référendum tout changement à son texte.
Mais un an après le plan de secours signé par l'Irlande, le sentiment anti-européen monte dans la population. Ce pays très nationaliste supporte mal de se voir dicter la marche à suivre par Bruxelles. À tel point qu'Enda Kenny, le Premier ministre irlandais, a promis la semaine dernière d'être celui qui redonnerait « la souveraineté économique » à l'Irlande, justifiant ainsi l'austérité.
Dans ces conditions, il estime que la victoire du « oui » à un potentiel référendum est très improbable. Son ministre des Finances, Michael Noonan, est également très sceptique : « Il serait difficile de remporter un référendum ici actuellement. »
Le paradoxe est que l'Irlande a déjà obtempéré - contrainte et forcée - sur le rapprochement économique. Elle soumet ses comptes à la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) tous les trimestres. Son budget, présenté cette semaine, a été approuvé en haut lieu à Berlin. La preuve ? Il avait fuité le mois dernier... du Bundestag allemand, où un comité parlementaire l'étudiait - en principe à huis clos - et où Reuters l'a obtenu.
Dublin estime qu'une solution pourrait cependant être trouvée. Enda Kenny affirmait mercredi que des « changements significatifs et sérieux » pouvaient être effectués sans « modification substantielle de traité ». Une telle solution pourrait-elle être acceptée par Berlin et Paris ?
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Éric Albert, à Londres
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