Les attaques contre les agences de notation ne font plus recette

Au-delà des moulinets, il y a quasi-unanimité pour reconnaître que S&P ne fait que constater les faibles progrès dans la résolution de la crise et la défiance des investisseurs.
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Dé-dra-ma-tiser : c'est le nouveau mot d'ordre du gouvernement au lendemain de la dégradation de la note de la France. Consciente de l'erreur de communication du chef de l'État, qui avait fait du maintien de la note AAA un objectif central de sa politique comme gage de crédibilité, la majorité prend acte de la décision de Standard & Poor's, de peur d'alimenter une polémique qui risque de s'avérer contre-productive sur le plan politique. Même dans les autres pays de la zone euro, au-delà des protestations de principe, le bras de fer entre les États et les agences semble avoir baissé d'intensité. Et ce, pour plusieurs raisons.

Une sanction attendue

Tout d'abord, la décision de S&P était attendue depuis l'avertissement lancé aux décideurs européens, à la veille du sommet du 8 et du 9 décembre dernier pour présenter un plan crédible de sortie de crise. Et force est de constater que les progrès réalisés depuis sont pour le moins ténus. Il n'y a donc plus que Michel Barnier, commissaire européen aux Marchés financiers, pour s'étonner de la décision de S&P. Même les marchés ont réagi avec beaucoup de calme à ce que l'on annonçait comme un coup de tonnerre, le prix des obligations d'État françaises s'étant même légèrement détendu lundi. De fait, il y aura toujours de l'appétit pour un titre noté AA+. En outre, l'agence concurrente Moody's, plus attachée aux perspectives de pertes de crédit pour un investisseur qu'à la probabilité de défaut, maintient la note AAA.

Ensuite, les arguments avancés par l'agence pour justifier sa dégradation portent indiscutablement. Que répondre en effet à l'insuffisance de la gouvernance soulignée par S&P, à la défiance des investisseurs pour le papier émis en zone euro ou le danger de politiques d'austérité mal maîtrisées qui pourraient compromettre la croissance ? Pas grand-chose. La situation de la zone euro est grave, nul ne le conteste, pas plus les agences de notation que les autres. Évidemment, il n'est pas agréable pour les décideurs de se voir reconnaître leur incapacité à gérer la crise après s'être longtemps enfermés dans le déni.

Enfin, en France, la note est devenue un enjeu du débat politique à cent jours de l'élection présidentielle. L'agence de notation devient un « instrument » de l'opposition et non plus celui des spéculateurs.

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Commentaire 1
à écrit le 17/01/2012 à 8:44
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Michel Barnier n'a jamais été un spécialiste des marchés financiers, même en savoie! par conséquent, il est comme l'âne devant le moulin.... Pas celui de Daudet!

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