La maîtresse Lagarde et ses faux cancres

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Christine Lagarde, directrice du FMI, et Olli Rehn, commissaire européen pour les Affaires économiques et monétaires, discutent avant l'ouvertur du conseil de l'Eurozone. /Copyright AFP
Christine Lagarde, directrice du FMI, et Olli Rehn, commissaire européen pour les Affaires économiques et monétaires, discutent avant l'ouvertur du conseil de l'Eurozone. /Copyright AFP
Avant le sommet décisif des 27 et 28 juin, la directrice du FMI a insisté sur la nécessité pour la BCE d'intervenir directement en rachetant des dettes et en assurant la liquidité aux banques européennes. Mais les positions des membres de la zone restent encore éloignées les une des autres.

Jeudi soir, devant la presse européenne transportée à Luxembourg pour les besoins d'une rencontre entre ministres des Finances européens, Christine Lagarde a joué le rôle de la maîtresse d'école. Souriante, mais courroucée, la directrice du Fonds monétaire international (FMI) a fait la leçon à Jean-Claude Juncker et Olli Rehn qui tenaient à ses côtés celui des élèves dissipés, impatients de terminer leurs devoirs... pour pouvoir aller regarder le match de football Portugal-République tchèque à la télé. La scène avait quelque chose de surréaliste, à l'heure où l'Union monétaire grince de toutes parts et est devenue une source d'inquiétude pour les dirigeants du monde entier.

Temporiser en attendant le sommet des 27 et 28 juin

Mais les acteurs de cette comédie politique ne sont pas dupes de leur propre jeu. Le président de l'eurogroupe et le vice-président de la Commission européenne n'ont en réalité d'autre choix que de temporiser en attendant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 et 28 juin où doivent être tranchées une série impressionnante de sujets, chaque nouvel épisode de la crise apportant un item supplémentaire à la liste des problèmes irrésolus.

La directrice générale du Fonds monétaire international, elle, dépourvue d'autre contrôle politique que celui des actionnaires du FMI, a le devoir de mettre les pieds dans le plat. Elle a par exemple ouvertement demandé à la Banque centrale européenne (BCE) d'en faire plus en lui administrant un programme de travail digne de la Federal Reserve américaine : reprise du programme de rachat d'obligations souveraines, un nouveau programme de fourniture de liquidité ou « l'introduction de toute sorte d'assouplissement quantitatif ». Une posture strictement interdite aux dirigeants européens au nom de l'indépendance de l'institut monétaire

Réconcilier des positions dangereusement éloignées

Côté européen, les aimables blagues footballistiques de Juncker et Rehn sont un écran de fumée destiné à masquer les négociations qui s'accélèrent en arrière-plan pour réconcilier des positions qui restent dangereusement éloignées sur plusieurs sujets majeurs.

Sur l'aide à l'Espagne, par exemple, il a fallu tordre le bras à Miguel de Guindos pour qu'il promette d'officialiser la demande d'aide de Madrid à la recapitalisation d'un certain nombre de ses banques lundi prochain. L'hésitation du ministre espagnol des Finances permet pour l'instant aux « soutiens » de l'Espagne de taire leur désaccord quant aux conditions de cette aide. Certains voudraient procéder à une recapitalisation directe par les fonds de soutien européen, comme le demande le FMI ou Paris. Berlin s'y oppose.

Futur rôle du MES et du FESF

Plusieurs ministres soulignent les risques d'accorder un statut de créancier prioritaire au futur Mécanisme européen de stabilité (MES), ce qui pourrait aboutir à empêcher Madrid d'accéder aux marchés (puisqu'il serait obligé de rembourser en priorité le fonds européen en cas de défaut). Cette question n'est pas tranchée. Comment exactement l'argent européen, fourni sous forme de créances sur le Fonds européen de stabilité, sera converti en espèces sonnantes et trébuchantes à l'actif des banques ? C'est encore peu clair.

« Les propositions sont sur la table. Je suis optimiste », a dit jeudi soir Pierre Moscovici qui n'a pas assisté aux débats de ce jour sur la taxe sur les transactions financières pour cause de conseil des ministres à Paris. « Il faudra que chacun fasse un pas vers l'autre », a-t-il ajouté au sujet des différences d'approches française et allemande. Berlin met l'accent sur l'union politique, qui aurait nécessairement pour conséquence de renforcer le poids de l'Allemagne en Europe.

Déconnecter risque bancaire et risque souverain

Paris veut avancer sur l'union bancaire et financière, supposée ramener la confiance dans la zone euro et arracher l'Italie et l'Espagne à la spirale infernale des hausses de taux et du surendettement, en créant, grâce aux fonds de soutien européens, un coussin de sécurité qui isole risque bancaire et risque souverain.

Le Conseil européen des 27 et 28 juin devra être l'occasion d'avancer sur ces deux terrains, grâce aux bons offices du Premier ministre italien Mario Monti qui reçoit ce vendredi la chancelière allemande, le Premier ministre espagnol et le président français. Cette échappée à Rome n'a rien de l'école buissonnière et tout du bachotage avant un examen où ils seront jugés par les marchés.... et Madame Lagarde.

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Commentaires
a écrit le 11/10/2012 à 2:47 :
Avec ce qu'elle nous coûte on pourrait donner du travail à un millier de chômeurs!
a écrit le 23/06/2012 à 21:55 :
Evaluation indépendante: excusez moi à la réponse de vôtre commentaire on pourrait pas choisir les deux.
a écrit le 23/06/2012 à 13:44 :
Le cancre ou le perroquet au choix c'est elle.
a écrit le 22/06/2012 à 17:30 :
De quoi elle s'occupe la Française, champion de natation, elle veut faire couler tout le monde ?

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