Le FMI prêt à aider la Tunisie

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Confronté à une transition économique délicate le gouvernement boucle son budget pour 2013 sur fond de croissance revue à la baisse.

Une perspective de croissance de 2,5 à 3 % pour 2012, et de 3,3 à 3,5 % pour 2013 : le FMI a révisé à la baisse ses prévisions pour la Tunisie, cette tendance morose suit la courbe de la croissance mondiale. David Lipton, premier directeur adjoint du Fonds a toutefois estimé aussi mercredi à Tunis lors d'une conférence conjointe entre l'organisation internationale et la Banque centrale de Tunisie que « les progrès de la transition politique laissent substituer des incertitudes réduisant la confiance et contribuant au ralentissement de l'économie. Le rétablissement de l'économie n'est pas suffisant pour réduire le chômage et restaurer la croissance » , rappelant aussi que les révolutions arabes avaient été nourries par des mécontentements économiques autant que politiques. Se contenant d' un rôle d'appui technique auprès de la Tunisie, David Lipton a aussi déclaré « dans le futur, le FMI est prête à fournir une assistance financière à la Tunisie ». En Egypte, autre pays du printemps arabe en transition un prêt de 4,8 milliards de dollars est actuellement en discussion.


En phase avec ces perspectives de croissance limitée, le gouvernement tunisien a échafaudé un projet de loi de Finances pour 2013, depuis une quinzaine de jours des mesures fiscales ont été annoncées : taxe sur les boissons alcoolisées, sur les voitures de luxe, augmentation de la vignette, taxe sur les nuitées d'hôtel...ces deux dernières ayant été annulées après discussions après les secteurs concernés.


Absence d'une vraie réforme fiscale


L'objectif du gouvernement est de mobiliser des ressources, + 9% de recettes fiscales, pour réduire le déficit public en dessous de 6% du PIB, alors que les dépenses de développement sont en recul par rapport à 2012. Pour beaucoup les prélèvements auront un effet transitoire loin de la réforme attendue« Nous avions demandé plus d'égalité fiscale et des mesures de lutte contre l'évasion,dès la loi de finances complémentaire de 2012, il s'agit plus de trouver des viviers pour combler le déficit qu'une vision à long terme qui allègerait la pression sur les salaires », estime Lobna Jeribi, élue de l'Assemblée constituante et rapporteur pour la commission des Finances, du parti de centre gauche Ettakatol, membre de la troika au pouvoir. Le député de l'opposition, Moncef Cheikh-Rouhou, président de la commission des finances pour l'Alliance démocratique, estime lui que la loi de Finances peut permettre « un retour à l'économie réelle avec une croissance fondée sur l'emploi et l'exportation. L'erreur de l'ancien budget avait été de céder aux sirènes qui consistaient à augmenter les dépenses publiques : salaires et caisses de compensation. » Les denrées subventionnées - énergie et produits de base- s'élèvent à 65% du budget de développement-sont bien en augmentation pour 2013, le ministre de Finances par intérim a assuré taxer les bénéficiaires les plus aisés et envisager des hausses de prix en cas de dépassement de l'enveloppe, comme avec le carburant et le lait en 2012. Une approche à la marge pour un dossier très sensible dans toute la région, comme l'ont montré les manifestations de cette semaine en Jordanie suite à la suppression d'une partie des subventions sur l'essence qui a provoqué une forte augmentation des prix.

 


 

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