Pour les électeurs : élections régionales, conséquences nationales

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Nicolas Sarkozy ne veut pas changer de cap mais attend le scrutin pour trancher.

Les Français ne partagent pas le credo décliné depuis plusieurs jours par Nicolas Sarkozy et tout l'état-major de l'UMP : pour 72% des personnes interrogées par BVA, le gouvernement doit tenir compte des résultats des régionales pour modifier la politique qu'il mène au niveau national. Même les sympathisants de droite ont majoritairement (60%) cette approche du scrutin des 14 et 21 mars.

Le chef de l'Etat s'est insurgé mardi contre ce "grand problème français", qui consiste à "confondre les échéances". "Elections régionales, conséquences régionales. Elections nationales, conséquences nationales", a-t-il insisté, écartant implicitement un changement de cap politique et un grand remaniement ministériel dans la foulée des régionales. Invité le même jour sur France 2, François Fillon a fait écho aux propos présidentiels en vantant la stabilité du "tandem" qu'il forme avec Nicolas Sarkozy.

Mais le paysage est bien moins net, bien moins figé que l'image que veut donner l'exécutif. Un responsable de l'UMP explique que Nicolas Sarkozy et François Fillon "ont peut-être fermé un peu vite une hypothèse" parce que, après quelques semaines de pessimisme, le président et le Premier ministre estiment désormais que l'UMP pourrait conserver les deux régions qu'elle dirige depuis 2004 (Alsace et Corse) et peut-être même engranger des gains supplémentaires.

"Il ne faut pas brûler les étapes. Il y a ce qu'on dit avant une élection pour mobiliser son camp, il n'est pas question d'apparaître comme en recul ou en retrait sur les réformes, et puis il y a la réalité de l'élection et ses conséquences", souligne un membre du parti présidentiel.

Tensions au sommet

Plusieurs responsables de la majorité évoquent le souvenir de Nicolas Sarkozy plaidant pour que des leçons nationales soient tirées de la "vague rose" des régionales de 2004. Il était alors passé du ministère de l'Intérieur au ministère de l'Economie. Les mêmes continuent de plaider pour une refonte du gouvernement, surtout en cas de débâcle dans les urnes. Et ils soulignent que les tensions entre Nicolas Sarkozy et François Fillon, ravivées par la "présidentialisation" soudaine du chef du gouvernement, sont loin d'être de l'histoire ancienne.

Le scénario le plus unanimement accepté est celui d'un maintien de François Fillon à Matignon pour la conduite de la réforme des retraites, avec Xavier Darcos. Mais son équipe serait modifiée, avec le départ de quelques "maillons faibles", comme Bernard Kouchner (Quai d'Orsay) ou Fadela Amara (Ville). En opposant un démenti aux rumeurs, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont aussi cherché à éviter d'offrir un angle d'attaque aux socialistes, qui accentuent la pression sur l'Élysée à la faveur d'une campagne régionale porteuse.

Laurent Fabius a appelé les Français à émettre "un vote clair" que le gouvernement sera obligé de "prendre en compte". Pour François Hollande, une défaite de l'UMP "ne mettra pas en cause" le "mandat" ou la "légitimité" de Nicolas Sarkozy mais "sa politique, sa méthode, son style".

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