Trois programmes économiques

 |   |  389  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : DR)
Par Pierre Lemieux, professeur associé, université du Québec en Outaouais. A publié "Une crise peut en cacher une autre" (Les Belles Lettres, 2010).

On connaît les idées politiques des trois candidats qui sont arrivés en tête de la primaire républicaine de l'Iowa la semaine dernière et qui s'affrontent aujourd'hui dans le New Hampshire. Libertarien, Ron Paul défend les libertés individuelles. Conservateur, Rick Sartorum défend des valeurs traditionnelles et religieuses. Mitt Romney est pragmatiste et dira ce qu'il faut pour plaire à l'électeur républicain médian. Mais comment se comparent leurs programmes économiques respectifs ? Mitt Romney promet de ne pas augmenter l'impôt sur le revenu des particuliers jusqu'à ce qu'il réforme tout le système. L'ancien gouverneur du Massachusetts réduirait l'impôt des sociétés et supprimerait les droits de succession. Il réduirait les dépenses et le déficit fédéral on ne sait trop comment. Il supprimerait l'assurance-maladie universelle créée par le président démocrate, Barack Obama. L'ex-juge Andrew Napolitano, qui anime une émission sur Fox News, affirmait récemment que seules des nuances séparent Obama et Romney : le premier couche avec les syndicats ; le second, avec les grandes entreprises.

Rick Santorum, ancien sénateur de Pennsylvanie, se présente comme le défenseur des ouvriers, vise une fiscalité qui favorise les familles, et promet de redonner à l'Amérique sa gloire passée (très passée) de fabricant industriel. On le sait ennemi du libre-échange et ami des syndicats. Il cache son communautarisme sous des allures de marché libre. Rick Santorum représente la tendance conservatrice du Tea Party ; Ron Paul, sa tendance libertarienne. Ce dernier, député texan au Congrès, promet de réduire les dépenses fédérales de 25 %, de supprimer quatre grands ministères (Énergie, Habitation, Commerce et Éducation), de couper de 10 % les effectifs de la fonction publique fédérale, de réduire les impôts des particuliers et des entreprises, d'éliminer les subventions de ces dernières, de promouvoir l'abrogation de l'amendement constitutionnel qui avait permis la création de l'impôt fédéral sur le revenu en 1913, d'abroger plusieurs des nouvelles réglementations de la dernière décennie, d' "abolir l'État providence", et de supprimer le monopole de la banque centrale sur la monnaie. Ron Paul convie les électeurs à une nouvelle révolution américaine. Il serait temps.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/01/2012 à 15:38 :
Il me semble que la révolution américaine a commencé avec l'indignation des colons américains contre l'Angleterre qui voulait remplacer la monnaie coloniale locale par une monnaie imprimée en Angleterre, chose demandée par les banques pour éponger leurs dettes, permettant ainsi de remettre les finances à flot sur le dos de la colonie.
Tout le long du 19ème siècle, les présidents américains se sont battus pour éviter la main-mise de leur pays par les banques anglaises d'abord, puis américaines ensuite.
Les banques ayant tendance à toujours être mal gérées et s'effondrer cycliquement cela causait tant de dégâts en économie que le 19ème siècle fût jonché de krach, une lutte perpétuelle entre monnaie privée et l'or, la philosophie économique de l'époque chercha( comme maintenant ) toujours le responsable( qui n'était jamais l'avidité humaine bien sûr ;-)) ainsi les effets de leviers max furent mis en place, la standardisation des écritures, une surveillance des risques, la notation, etc.. on arriva finalement à l'idée qu'il fallait interdire aux banques privées d'émettre leur propre monnaie, alors la banque centrale naquit, ayant un deal avec les banques privées, la banque centrale qui restait donc privée par nature posait le sceau de la nation sur sa monnaie et décrétait l'oligopole concentré en une seule monnaie, et sans concurrence, les mauvaises monnaies ne peuvent disparaître, il ne restait en fait qu'à faire disparaître l'or, la toute dernière monnaie, chose faîte après la seconde guerre mondiale, alors depuis si le dollar a perdu 98% de sa valeur en l'espace 2 générations, on ne peut pas dire qu'on était pas prévenu.
Vous avez toujours encore cette lutte incessante entre la monnaie des hommes libres( celle qu'on peut économiser), l'or, par exemple avec les allemands et les libertariens, et la monnaie des esclaves, la monnaie papier( celle qui se déprécie et qui force à consommer donc s'endetter car par exemple on ne peut pas économiser sur 20 ans pour ensuite acheter, on est obligé d'acheter et s'endetter sur 20 ans).
Dernièrement ont été mis en place à différents postes européens des monétaristes, tous passés par les plus grandes banques américaines( pour ne pas les citer), des banques qui vivent de la rente, des taux d'intérêts, de l'inflation, de la croissance monétaire, du PIB dont on nous rabâche les oreilles tous les jours( alors que ce truc est une horreur économique), ils ont éjecté les allemands dernièrement qui depuis cherchent de plus en plus à partir de l'eurozone.
La révolution américaine, qui est en fait la révolution libérale, court toujours, elle est toujours actuelle, la monnaie papier, l'or, la dette, les taux d'intérêts, l'inflation.. l'histoire se répète encore et toujours à cause de l'avidité d'une poignée au sommet.
Un sage a dit un jour qu'aucun système ne tient si son sommet n'est pas vertueux.
Réponse de le 30/05/2012 à 13:35 :
Monsieur !!! votre analyse est pértinante et historique !!!!

Radwan (Alger)
Réponse de le 29/06/2013 à 18:40 :
@ Xavier-marc - Même avis que Ridhouan qui précède. Excellente analyse. Félicitations.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :