« Il arrive sous haute tension », confesse Michée Mulumba joint au téléphone par La Tribune Afrique. L'assistant personnel de Félix Tshisekedi ne grossit pas le trait. La veille de la visite de 72 heures, prévue ce lundi 23 octobre dans l'après-midi, du leader de l'opposition du Rassemblement dans la deuxième plus grande ville du pays, a été mouvementée.
Ce week-end, la police katangaise a annoncé l'arrestation de 28 activistes de l'UDPS, accusés d' « insulte au chef de l'Etat » et d'avoir criblé de pierre la jeep du général Paulin Kyungu, commandant de la police de la province du Haut-Katanga. Une version contestée par l'UDPS qui dénonce une manœuvre dilatoire du pouvoir pour saboter la venue de Félix Tshisekedi. Dany Kabongo, le président de la jeunesse de l'UDPS a signalé que 48 jeunes de l'UDPS ont été arrêtés après un véritable saccage du siège régional du parti à Lubumbashi, du matériel a même été emporté.
Entre temps, l'ambiance dans lequel Félix Tshisekedi devrait être accueilli à l'atterrissage de son avion à 14 heures (GMT+2) risque d'être électrique. Plusieurs militants portant des tee-shirt, des banderoles ou pancartes en soutien à l'opposant, ont été empêchés d'accéder à la route menant à l'aéroport de Loano quand ils n'ont pas été arrêtés, selon des informations parvenues à La Tribune Afrique. Des sources parlent même de plus de 100 personnes arrêtées.
Le cortège devrait ensuite sillonner les rues de la ville à Katuba dans le sud-ouest de Lubumbashi. Un meeting est même prévu à Matshipisha, quartier bastion de l'opposition, durant lequel Félix Tshisekedi devrait s'adresser à ses affidés. Encore faut-il que les plus téméraires bravent l'impressionnant dispositif sécuritaire déployé autour de l'aéroport et dans le centre-ville de Lubumbashi.
Dans la foulée de ce huis-clos comminatoire, Jean Oscar Sanguza Mutunda, le maire de Lubumbashi a sorti un communiqué écrit entièrement en lettres majuscules. Il « rappelle au public pour la énième fois qu'aucune manifestation à caractère public ne peut être organisée sans l'autorisation écrite de l'autorité urbaine introduite avec accusé de réception sept jours avant ».
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

« La Constitution remplace désormais le régime d'autorisation par celui d'information. Pour toute manifestation, il faut juste informer l'autorité qui se doit ensuite d'accompagner la manifestation », réplique Michée Mulumba.
Une chose est sure, tout est fait du côté de Kinshasa pour faire capoter la visite de Félix Tshisekedi. Au sein du camp de l'opposant, on indique que cette visite de trois jours est avant tout, « une visite de sensibilisation de la population de Lubumbashi aux enjeux à venir ». Mais en sous-main, un de ces enjeux pourrait sans doute être la visite prochaine à Kinshasa de Nikki Haley, l'ambassadrice américaine aux Nations-Unies, très critique envers le pouvoir de Joseph Kabila notamment sur la question des droits de l'Homme et en qui Félix Tshisekedi pourrait trouver une « alliée » extérieure de taille.
À lire également
Au-delà, avec cette visite, le leader de l'opposition pèse son poids politique dans cette région très stratégique électoralement. En prévision de quelles élections ? Celles qui n'auront peut-être lieu qu'en 2019, tant le pouvoir multiplie les manœuvres dilatoires pour reporter les élections générales aux calendes grecques. Une ultime combine qui a contribué à électriser la situation politique du pays. Au milieu de cette tempête dans le jeu politique, Félix Tshisekedi veut sans doute jouer son ultime carte: la défiance !
Plainte contre les GAFA : une nouvelle stratégie pour contrer le travail des enfants dans les mines de cobalt en RDC
RDC : Willy Kitobo Samsoni hérite d’un ministère en conflit avec l'industrie minière
RDC : à la mine de Tenke Fungurume, l'activité est dans le rouge
Infrastructures : la BAD finance la réhabilitation d'une route vitale en RDC