Processus électoral en RDC : Zuma soutient son ami Kabila, au grand dam de l'opposition
Khadim Mbaye
Khadim Mbaye
Le chef de l'Etat congolais, Joseph Kabila Kabange, a reçu en audience ce dimanche 15 octobre son homologue sud-africain Jacob Gedleyihlekisa Zuma, arrivé à Kinshasa la veille. La rencontre s'est tenue dans la matinée au «Palais de la nation». Au menu de cette visite de travail, des échanges «fructueux» entre les présidents Kabila et Zuma.
Si au cours de cet entretien entre les deux chefs d'Etat, les discussions ont porté sur la situation sécuritaire et économique dans l'espace SADC, la Communauté de développement de l'Afrique australe, le point d'orgue du tête-à-tête entre les deux dirigeants a été le processus électoral en cours en RDC.
Un processus que soutient d'ailleurs l'organisation qui vise à promouvoir le développement économique de l'Afrique australe à laquelle appartiennent les deux pays. Pour l'hôte de Kabila et par ailleurs président de la SADC, le dit processus est sur la bonne voie.
Une déclaration qui ne serait pas du goût des opposants de Kabila. Le chef de l'opposition congolaise, Félix Tshisekedi, qui appelle à une alternance pacifique en RDC, «une transition sans Kabila» avant la fin de l'année en cours, a qualifié cette semaine de «forfaiture» l'annonce du président de la Commission électorale (CENI), Corneille Nangaa, selon qui «il n'y aurait pas d'élection avant 2019 pour la succession de Joseph Kabila».
Pour s'expliquer, les membres de la CENI disent vouloir disposer de 504 jours après la fin du recensement, encore en cours dans la région troublée du Kasaï, pour arriver au jour du scrutin. Or, rien n'indique pour l'heure que cette opération va se dérouler comme le souhaitent les autorités congolaises. Dans cette région du centre de la RDC, les violences ont fait plus d'un million de déplacés.
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Il faut rappeler que Joseph Kabila, dont le deuxième mandat a pris fin le 19 décembre 2016, a refusé de céder le pouvoir. Un accord prévoyait des élections d'ici à la fin de 2017, mais les autorités avaient débord fait savoir qu'elles seraient sans doute retardées en raison des violences qui sévissent dans la région du Kasaï avant de «servir» un autre alibi, mercredi dernier, à l'opposition qui voit dans ces volte-face à répétition, une volonté pour Kabila de s'éterniser au pouvoir.
En attendant la conclusion de la réunion d'évaluation du processus électoral qui se tient à Kinshasa jusqu'au 18 octobre, le président Kabila à qui la constitution congolaise autorise à rester au pouvoir jusqu'à l'installation d'un président élu, peut encore conserver «légalement» son titre de séjour au «Palais de la nation».
Khadim Mbaye
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