RDC : le « ce n’est pas un au revoir, mais à bientôt » de Kabila qui ravive les inquiétudes sur ses intentions politiques
Aboubacar Yacouba Barma

Kabila SADC
DR
Aboubacar Yacouba Barma

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On connait de longue date, le caractère mystérieux du chef de l'Etat congolais qui en a d'ailleurs fait une marque de fabrique. Ce vendredi 17 août, Joseph Kabila Kabange a encore honoré sa réputation à l'occasion de la brève allocution qu'il a prononcé à Windhoek, la capitale de la Namibie où se tient le 38e sommet des chefs d'Etat de la SADC.
Devant ces pairs, le président Kabila a prononcé quelques mots qui ont aussitôt engendré une véritable polémique à Kinshasa où l'intervention du chef de l'Etat a été particulièrement suivie. Devant ses homologues, il a expliqué ne pas vouloir faire un discours d'adieux avec des mots quelque peu ambigus tout en se laissant aller à une plaisanterie que ses opposants trouveront certainement de mauvais goût. « Est ce que vous allez me manquer ou je vais vous manquer », s'est amusé un Kabila visiblement très détendu.
C'est pourtant en tant que président sur le départ que le chef d'Etat a été invité à se prononcer puisqu'en principe, c'est sa dernière session ordinaire d'un sommet de l'organisation sous-régionale. Les propos de Joseph Kabila n'ont d'ailleurs pas manqué d'embarrasser le maître de cérémonie, le président namibien Hage Geingob.
C'est la première intervention publique du président Kabila depuis l'officialisation, le 8 juillet dernier, de la candidature d'Emmanuel Ramazani Shadary pour le compte de la majorité présidentielle. Ce qui en principe signe la fin du glissement. Le dauphin présidentiel était d'ailleurs parmi la délégation officielle de la RDC au sommet de Whindoek pour notamment se faire mieux connaitre des autres chefs d'Etats, ses probables homologues à condition qu'il gagne les prochaines présidentielles. Là n'est pas l'enjeu, mais avec les mots prononcés par Kabila, la polémique a vite enflé à Kinshasa. Les adeptes de la théorie d'un agenda politique caché du chef de l'Etat sortant se sont retrouvés conforté dans leur thèse. Il y a de quoi en effet car si Kabila a pris de court ceux qui craignaient sa candidature pour un troisième mandat, il n'a pas démenti ceux qui l'avaient auparavant soupçonné de « glissement » à la fin de son second et dernier mandat légal, lequel est arrivé à échéance depuis décembre 2016.
Ils sont nombreux à soupçonner Kabila de faire dans "la stratégie de Poutine" et donc de Ramazani Shadary, son "Medvedev" ou, pour les plus sceptiques, à ne rien ménager pour organiser le scrutin à temps et ainsi lui offrir une nouvelle fenêtre de prolonger son bail au Palais du peuple. Autant dire que le fait que le chef de l'Etat ait fait part de son intention de ne pas briguer un nouveau mandat ne vaut encore rien signifier.
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Le chef de l'Etat rwandais, Paul Kagame, qui était invité d'honneur en sa qualité de président en exercice de l'Union africaine (UA), a certes tenu à saluer la désignation d'un autre candidat que Joseph Kabila pour la majorité au pouvoir. Cependant, il n'a pas manqué d'insister sur le fait que « ce geste est un pas accompli mais que d'autres pas restent à accomplir dans l'intérêt de la population de la RDC ».
Aboubacar Yacouba Barma