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RDC : Joseph Kabila, candidat ? Les scénarios qui se dessinent

Photo de Ibrahima Bayo Jr.

La Tribune Afrique

Publié le 08 août 2018 à 11:38 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:39

Joseph Kabila

Joseph Kabila

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Tout un pays suspendu aux lèvres d’un seul homme. En «retraite politique» à Kingakati, la ferme de Joseph Kabila, le Front commun pour le Congo (FCC), une coalition de partis de la majorité, doit désigner son candidat pour la présidentielle de 2018. Sera-ce Joseph Kabila ? Si l’on se penche sur la Constitution congolaise, la réponse est non, même si le contraire n’est pas à exclure. Voici donc les scénarios qui se dessinent quelques heures avant l’annonce très attendue de la candidature de la majorité.

Depuis deux semaines, Kingakati, la ferme présidentielle est devenue le centre névralgique du pouvoir en RDC. Comme les adeptes d'une secte qui attendent la rare parole de leur gourou, c'est dans ce domaine situé à 15 km de Kinshasa que Joseph Kabila a reçu l'état-major politique du FCC et les membres de son gouvernement pour consultations.

Sur la base de onze critères, Joseph Kabila, désigné «autorité morale» de cette plateforme, devrait arbitrer pour choisir le candidat de cette coalition de partis de la majorité. Qu'est-ce qui sortira de ces consultations ? Voici quelques scénarios.

La désignation d'un dauphin

Comme pour souffler au président le choix qu'ils estiment le plus judicieux, les Congolais ont baptisé ce mercredi 8 août, le «jour du dauphinat». Si l'on se penche sur la Constitution congolaise, Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, élu en 2006 puis en réélu en 2011, a épuisé le nombre de mandats autorisés par le texte fondamental du pays.

Pour celui qui s'est engagé dans ces deux derniers discours sur l'état de la Nation à respecter à la lettre la Constitution, la désignation d'un dauphinat semble donc la seule alternative. De certaines indiscrétions, deux noms sortent du chapeau pour tenir ce rôle.

Il y a le nonagénaire Antoine Gizenga, ancien Premier ministre et actuel SG du Parti lumumbiste unifié (PALU), devenu depuis 2006, l'allié du PPRD (au pouvoir) après avoir joué le «faiseur de roi» au second tour entre Joseph Kabila et Jean Pierre Bemba.

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Au sein du même parti, Martin Kabwelulu Labilo, indéboulonnable ministre des Mines depuis 2007, aura survécu à toutes les tempêtes politiques et réussi à se maintenir à son poste. Selon certains analystes, le choix d'un ces deux, que l'on validerait au nom de la régularité au sein de l'«alliance sacrée» entre le Palu et le PPRD, accréditerait une «présidence dans l'ombre» de Joseph Kabila via un homme placé au Palais de la Nation.

En alternative, on cite aussi le nom de l'ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, celui de l'ex-ministre de l'Intérieur Evariste Boshab ou encore, selon toutes spéculations, le ministre du Plan, Modeste Bahati Lukwebo ou encore Ramazani Sahadari, le coordonnateur de la MP à l'Assemblée. Le président de l'Assemblée nationale Aubin Minaku, serait même le mieux placé.

Un report ou découplage des élections

Avant le démenti d'Henri Yav Mulang, le ministre des Finances, attribuant l'information à un faux compte Twitter créé en son nom, une folle rumeur prétendait que les élections seraient reportées, faute de financements suffisants du gouvernement.

Et pourtant, cette idée a une fois fait son chemin. Elle avait même été un des arguments principaux pour acter le report des élections en 2017. Une enveloppe de 435 millions de dollars est nécessaire pour l'organisation des élections de décembre 2018. Mais pour l'heure, le gouvernement n'en a décaissé que la moitié. Dans un pays en difficultés financières où le régime se refuse au financement international, l'hypothèse d'un nouveau report n'est pas à exclure.

En avançant l'argument de financements insuffisants, le gouvernement congolais pourrait aussi envisager de découpler les élections en donnant la priorité aux scrutins locaux, provinciaux. Une manœuvre pour reporter à nouveau la présidentielle et les législatives, mais qui acterait le glissement de Joseph Kabila. Jusqu'à quand ?

Contre vents et marées, Kabila candidat

Le silence et le mystère. En maître des horloges, Joseph Kabila use de ces deux cartes maîtresses pour maintenir le suspense au maximum. Alors que la CENI, la commission électorale, clôture les dépôts à 16h30 (GMT+1), le président congolais a convoqué son gouvernement à 15h dans sa ferme de Kingakati où depuis deux semaines, il mène des consultations devant conduire à la désignation du candidat de la plateforme.

Soit le dossier de candidature de Kabila -ou celui de son dauphin- est déjà sur la table de la CENI, soit le nom du candidat ne sera connu qu'à la publication de la liste préliminaire des candidatures reçues. Avec son dernier discours-bilan où il a joué la carte de la main étrangère, il ne serait pas surprenant que Joseph Kabila soit tenté par un troisième mandat. La convocation de tout son entourage servirait peut-être à leur demander de faire bloc derrière lui contre la menace extérieure.

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Quel que soit le motif, une candidature de Kabila déclencherait des marches de protestation de la rue congolaise, menées par les mouvements citoyens Filimbi, Lucha ou les partis politiques comme ils l'ont fait savoir. La candidature Kabila serait aussi un aveu que le président congolais a décidé de défier la communauté internationale. Toute la question est de savoir s'il a des chances de remporter ce double bras de fer.

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