Togo-Gambie : le clash diplomatique évité de justesse
Emmanuel Atcha, à Lomé
Emmanuel Atcha, à Lomé
La crise politique au Togo qui dure depuis plus de deux mois, fait parler tous les acteurs et décideurs africains. Prenant parole au micro de l'agence Reuters, le ministre gambien des affaires étrangères, Onsainou Darboe a affiché la position de l'Etat gambien en faveur d'un départ du président togolais Faure Gnassingbé de la tête du pays.
Le chef de la diplomatie gambienne a clairement demandé au numéro 1 togolais de démissionner et a même insisté en appelant la communauté internationale, dont l'Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) à œuvrer en faveur de cette solution en le persuadant.
Fort de son expérience liée à la crise que son pays a frôlée à cause du refus de l'ancien président Yahya Jammeh de céder le pouvoir à son successeur Adama Barrow, vainqueur de la présidentielle de décembre 2016.
Dans le cas du Togo, après avoir été élu de manière très controversée en 2015, Faure Gnassingbé au pouvoir depuis 2005, subit une fronde sociopolitique qui a commencé il y a un peu plus de deux mois. Deux contextes assez différents donc. Une nuance que Lomé a tenté de faire comprendre à Darboe.
Au Togo, la réaction officielle n'a pas tardé. Dans un communiqué transmis à la presse ce lundi 23 octobre 2017 dans l'après-midi, le ministre togolais des affaires étrangères, Robert Dussey a répondu du tac au tac à son homologue. Il dit venir « d'apprendre avec indignation l'entretien de son homologue gambien, M. Ousainou Darboe qui appelle à la démission du Président Faure Essozimna Gnassingbé » et « proteste avec force contre cette déclaration irresponsable et rejette cette injonction de son homologue de la Gambie ».
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Le chef de la diplomatie togolais a aussi rappelé à Onsainou Darboe que le chef de l'Etat togolais est régulièrement élu, dans « le respect des dispositions de la Constitution togolaise au cours d'élections reconnues transparentes, équitables et acceptables par la Cedeao et la communauté internationale ».
La contre-réaction du membre de l'exécutif togolais a été entendue par le gouvernement gambien. Elle a suscité du ministre des affaires étrangères gambien Ousainou Darboe, un démenti des plus inattendus dans la soirée du lundi.
L'histoire retiendra que le clash togo-gambien a été évité de justesse. Aussitôt le communiqué de Lomé rendu public, la diplomatie gambienne a tenu à apporter un démenti formel et par voie de communiqué.
D'après le communiqué, à travers son intervention auprès de l'agence de presse, Ousainou Darboe signifiait que la décision du président Gnassingbé de rester au pouvoir ou non était une décision qui revenait exclusivement et souverainement au peuple togolais. « Il n'y a aucune raison pour le gouvernement de la République de Gambie de prendre position, car le peuple togolais continue de faire des efforts pour trouver une solution à cette crise », a-t-il ajouté la déclaration officielle du ministère.
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Le département de Ousainou Darboe souligne que la Gambie et le Togo « restent liés par des liens solides d'amitié et de fraternité » et que les deux dirigeants, Adama Barrow et Faure Gnassingbé, voudraient voir ces relations renforcées dans les années à venir.
Emmanuel Atcha, à Lomé