Les pressions déflationnistes persistent dans l'économie américaine

Tous ceux qui craignaient une valse des étiquettes aux Etats-Unis à la faveur du redémarrage vigoureux de l'économie américaine en sont pour leurs frais. En novembre, les prix à la consommation ont reculé de 0,2%. Ce repli doit beaucoup à une réduction des coûts énergétiques (-3%). Les prix de l'essence ont ainsi chuté de 5% et ceux du gaz de 3,1%. Mais hors énergie, le recul des prix est également patent. Si l'on ne retient que l'indice de base (hors énergie et alimentation), celui-ci affiche un recul de 0,1% en novembre, sa première baisse depuis décembre 1982. Sur un an, l'indice de base enregistre une modeste progression: +1,1%, soit le rythme le plus faible depuis 37 ans. Ces chiffres suscitent au moins deux remarques: la première est que la baisse du dollar n'a pas généré suffisamment d'inflation importée pour compenser les pressions existant encore sur les prix aux Etats-Unis. La seconde est que la Réserve fédérale américaine, faute de pressions inflationnistes, est fondée à maintenir une politique monétaire très accommodante et ce pour "une période considérable". A la faveur de la publication de ces chiffres, on pourrait même revoir resurgir le spectre de la déflation qui avait tant inquiété les économistes il y a quelques mois.Cependant ces craintes devraient se dissiper à mesure que l'économie américaine et ses entreprises retrouveront une certaine marge de manoeuvre en matière de fixation des prix. Ce ne pourra être le cas qu'à partir du moment où les surcapacités de production enregistrées par exemple dans l'industrie seront résorbées. Les derniers chiffres de la production industrielle publiés par la Fed vont dans ce sens puisqu'ils montrent une hausse de 0,9% avec une progression très sensible du taux d'utilisation des capacités de production. Celui-ci est remonté à 75,7% en novembre (après 75,1% en octobre). Simultanément à ces données sur les prix et la production industrielle étaient publiées les statistiques relatives au déficit courant américain. Ce dernier s'est un peu plus contracté que prévu, ressortant à 135,04 milliards de dollars au troisième trimestre. Meilleur qu'attendu, ce chiffre permet au dollar de relever un peu la tête. Vers 15h30, un euro s'échangeait pour 1,2346 dollar, alors que la devise européenne avait signé dans la matinée un nouveau record contre le billet vert, à 1,2362 dollar. Cet affaiblissement du billet vert est principalement dû aux difficultés que rencontre l'économie américaine à se financer. Les éléments publiés aujourd'hui le confirment: les investisseurs étrangers se détournent progressivement de la première économie mondiale. Les achats de titres financiers américains par des étrangers (hors titres de la dette publique) sont tombés à 9,6 milliards de dollars au 3e trimestre, contre 86 milliards de dollars au deuxième.

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