L'euro franchit le seuil de 1,24 dollar

L'euro continue de gravir des sommets. Mercredi soir, la devise européenne s'est attaquée avec succès à une nouvelle étape: le franchissement de la barre de 1,24 dollar. Vers 18h30, c'était chose faite pour la première fois de sa jeune vie, la devise européenne grimpant jusqu'à 1,2420 dollar. Depuis le début de l'année, l'euro a progressé de 18% par rapport au billet vert. "Le cycle actuel d'affaiblissement du dollar et de sentiment négatif à l'égard du billet vert se poursuit", a expliqué à l'AFP Kamal Sharma, économiste de la banque Dresdner Kleinwort Wasserstein. "En l'absence d'indicateurs et de nouvelles fraîches, les intervenants se sont de nouveau concentrés sur les facteurs qui minent le billet vert depuis plusieurs semaines", a-t-il ajouté. Le dollar a fortement reculé mardi après que les Etats-Unis ont enregistré un déficit des comptes courants de 135 milliards de dollars au 3ème trimestre 2003. Autre nouvelle négative pour le billet vert, des chiffres du département américain du Trésor ont montré que les investisseurs étrangers ont acheté pour 27,7 milliards de dollars de titres boursiers américains en octobre, un montant insuffisant pour contre-balancer le déficit commercial américain qui s'est établi à 41,8 milliards de dollars en octobre. Si rien ne soutient le dollar aux Etats-Unis, rien ne vient freiner la hausse de l'euro de ce côté-ci de l'Atlantique. Au contraire, murmure-t-on dans les salles de marché. Paul Mackel, économiste de la banque ABN Amro, a expliqué la soudaine appréciation de l'euro par des bruits selon lesquels "la Banque centrale européenne n'interviendrait que si l'euro devait passer au-dessus du seuil de 1,35 dollar". Cette envolée de l'euro, si elle se poursuit, pourrait poser des problèmes à un certain nombre d'entreprises européennes. Cet après-midi, les dirigeants d'EADS ont souligné qu'un euro qui franchirait le seuil de 1,30 dollar commencerait à causer des difficultés au groupe. Des réductions de coûts supplémentaires pourraient même être envisagées. Dans ce contexte, la pression monte sur la Banque centrale européenne. S'il paraît assez évident pour de nombreux observateurs qu'une intervention sur le marché des changes serait totalement inefficace sauf à être coordonnée avec les autorités monétaires américaines, des voix s'élèvent en revanche pour réclamer une baisse des taux d'intérêt dans la zone euro afin de réduire le différentiel de rendement entre les deux zones.

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