Jean-Marie Messier en garde à vue

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Jean-Marie Messier a été placé ce matin en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur Vivendi Universal (VU) sous sa présidence. Il répondait à une convocation des enquêteurs au siège de la brigade financière, à Paris, qui souhaitaient l'entendre sur de possibles manipulations dans ce dossier très complexe.Près de deux ans après le début de l'enquête, l'étau judiciaire semble donc se resserrer sur l'ancien dirigeant du géant de la communication. Depuis plusieurs semaines, les enquêteurs et les juges Henri Pons et René Cros en charge du dossier remontent les paliers de la hiérarchie de l'équipe financière de VU au moment des faits (2001-2002) en direction du sommet de la pyramide. Fin mars 2003, deux anciens responsables de VU, le trésorier adjoint François Blondet et le trésorier Hubert Dupont-Lhotelain, ainsi qu'un cadre bancaire, Philippe Guez, avaient été mis en examen. Au moment de ces premières mises en cause, J2M - dont le domicile parisien et la demeure des Yvelines avaient fait l'objet de perquisitions en décembre 2002 dans le cadre de cette enquête -, avait lui-même demandé à être mis en examen. Le 4 juin dernier, l'ex-directeur financier du groupe, Guillaume Hannezo, a été mis en examen pour "délit d'initié, complicité de manipulation de cours et diffusion de fausses informations". Les faits reprochés à l'ancien bras droit de J2M concernent des reventes d'actions du groupe en décembre 2001 effectuées juste avant la chute du titre.La justice soupçonne une manipulation des cours lors des rachats massifs d'actions décidés par la direction du groupe après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, qui avaient fait plonger les marchés boursiers. L'affaire a pris une telle ampleur que les locaux de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF-anciennement COB) ont été perquisitionnés en mars dernier, après une plainte déposée par des petits actionnaires, qui dénoncent une "connivence" entre la COB et les dirigeants de VU. Parallèlement, la brigade financière s'intéresse à la présentation présumée inexacte de la situation de la trésorerie des filiales Cegetel, Maroc Télécom et Elektrim, qui pourrait constituer un délit de "diffusion de fausses informations". Jean-Marie Messier devrait avoir à répondre, à son tour, sur tous ces points face aux enquêteurs, avant d'être présenté aux juges parisiens en charge de l'affaire. Sa garde à vue peut durer jusqu'à 48 heures. Cette mise en garde à vue a en tout cas ravi l'Association des petits porteurs actifs (Appac). "Les petits porteurs attendent cela depuis deux ans", a assuré l'avocat de l'Appac, avant de préciser que "les pièces saisies lors des perquisitions apportent plus que des indices graves et concordants" sur les responsabilités présumées des dirigeants sur la chute du cours de l'action VU.

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