La Fed hausse le ton

Sur un ton légèrement comminatoire, Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine, a indiqué mardi dernier qu'il était prêt à "faire le nécessaire" pour remplir son devoir de maintien de la stabilité des prix. Diable ! La Fed sera-t-elle plus "agressive" que prévu, selon le jargon des financiers, lors de sa réunion des 29 et 30 juin qui devrait entériner le revirement de politique monétaire aux Etats-Unis ? Une hausse de 50 points de base d'un coup, plus rapide qu'anticipé par le marché, pourrait contrarier les plans des investisseurs qui croyaient en un "rally estival" : en effet, elle rendrait les obligations plus attractives et pourrait conduire les investisseurs, notamment institutionnels, à procéder à des arbitrages au détriment des actions. A ces Cassandre, les optimistes répondent que la hausse des taux américains redonne des couleurs au billet vert et de l'oxygène aux sociétés exportatrices européennes. On a pu voir depuis dix-huit mois comme la faiblesse du dollar a entamé les bénéfices de nombre de nos industriels. Un raffermissement de la devise américaine serait une excellente nouvelle pour L'Oréal, EADS ou Thomson par exemple. Mieux encore, la hausse des taux valide le scénario de la reprise mondiale. Les investisseurs en déduisent que l'économie, américaine dans un premier temps, va mieux, et que la patrie de l'Oncle Sam va jouer son traditionnel rôle de locomotive pour les autres économies. La logique commanderait alors de se ruer sur les cycliques pour jouer cette croissance. Las ! Cette exaltation fait en général long feu. Le relèvement des taux d'intérêt redonnant de l'attrait au marché obligataire, les investisseurs perdent leur goût du risque. Et se tournent vers les valeurs défensives, de biens de consommation ou de santé. La pharmacie est d'ailleurs statistiquement l'un des secteurs les plus performants en période de remontée des taux, tandis que les bancaires sont les plus malmenées. Mais le secteur vedette dans ce type d'environnement monétaire est la technologie : le seul à ne pas avoir baissé dans les six mois qui suivent la première majoration des taux. De quoi y perdre son latin...

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