"74% des acquéreurs de warrants sont motivés par l'aspect spéculatif"

latribune.fr- La remontée des Bourses depuis un an a-t-elle profité au marché des warrants ?Hugues Morin- Dans l'absolu, assez peu. Pour la France, le volume global des warrants, qui était de 3,015 milliards d'euros en 2002, a atteint 3,176 milliards d'euros en 2003, soit une hausse d'environ 5%. Toutefois, dans le même temps, le volume de primes des options sur actions négociées sur le Monep a reculé de plus de 40%. Il y a donc eu une progression relative des warrants l'an passé. Quant à l'année 2004, elle a bien débuté. Sur janvier et février, les volumes traités dépassent les 630 millions d'euros, montrant une poussée de plus de 18% en un an.Est-ce à dire que les institutionnels qui étaient sur le Monep sont venus sur les warrants ?Non. Il n'y a pas vraiment eu de transfert entre le Monep et les warrants. Pour les institutionnels, le marché des dérivés a simplement été en régression. Les investisseurs voient-ils toujours le warrant comme un produit spéculatif ou bien l'utilisent-ils maintenant comme un outil de couverture ?Il n'y a pas eu d'évolution majeure des comportements ces dernières années. Nous avons fait réaliser une étude par CSA à l'automne dernier et il en ressort que 74% des acquéreurs de warrants sont motivés par l'aspect spéculatif. Seuls 8% utilisent les warrants pour couvrir des positions. Le warrant reste donc la danseuse des investisseurs, qu'ils utilisent pour "faire un coup" lorsqu'ils disposent d'une réserve de liquidité. Visiblement, les clients maîtrisent un peu mieux les bases, mais n'en sont pas pour autant devenus des spécialistes. Une autre donnée intéressante à cet égard est le critère de sélection retenu par les investisseurs. 38% d'entre eux sont encore sensibles au prix unitaire, qui n'a pourtant aucun sens. La volatilité est en revanche moins regardée alors qu'elle est un élément prépondérant pour un warrant.D'après vous le succès rencontré par les warrants sur indice ces dernières années était caractéristique de marchés baissiers. La répartition entre sous-jacents indices et sous-jacents actions a-t-elle évolué ?Un virage semble s'être amorcé depuis le début de l'année. En 2002 et en 2003, les warrants sur indice représentaient respectivement 48 et 62% du marché. Les warrants sur action ont été totalement délaissés. A l'inverse, le début d'année a été plus favorable aux warrants sur action, qui ont compté pour plus de 53% du total en janvier et février, contre seulement 35% pour les produits sur indice. Ce phénomène indique clairement que l'on revient vers un marché plus sain. En 2003, les principaux intervenants étaient des "day-traders", souhaitant faire des allers-retours rapides et donc plus enclins à utiliser des warrants sur indice. Aujourd'hui, les investisseurs retournent vers des sous-jacents actions car ils veulent prendre des positions plus longues et plus stables. C'est un indicateur intéressant pour nous qui voulons fidéliser la population d'investisseurs en warrants qui regroupe au maximum 30.000 personnes en France.Quelle est aujourd'hui la répartition entre options à l'achat ("calls") et à la vente ("puts") ?Sur les produits actions, les "calls" représentent pratiquement l'intégralité des volumes. Sur les warrants indices, bien que les "calls" dominent, les "puts" se sont développés depuis deux ans. Là encore, cela tient plus au profil des investisseurs qu'à des perspectives de marché. Les "day-traders" qui jouent les indices sont plus professionnels, bénéficient d'outils d'analyse performants et n'hésitent donc pas à parier quelques heures sur le repli des places boursières. Ce n'est pas le cas des investisseurs qui s'intéressent aux warrants sur action. Ce sont souvent des particuliers qui veulent réaliser une plus-value rapide. Et ils ont culturellement du mal à jouer un scénario de baisse.Le marché des warrants va-t-il continuer à se développer en 2004 ?Les premiers mois le laissent penser. Tout comme le prix des warrants qui a baissé par rapport au Monep grâce à la concurrence entre émetteurs. Enfin, les analystes sont confiants sur les perspectives boursières de 2004. Or, le marché des warrants s'en sort beaucoup mieux lorsque les Bourses progressent. On pourrait par conséquent assister au retour en grâce des warrants sur actions.

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