"Les entreprises américaines affichent une bien meilleure santé"

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latribune.fr- Les analystes ont été surpris par la vigueur des premiers résultats américains à fin mars. Est-ce également votre sentiment ?Erwan Marrec- L'amélioration a été très importante avec, pour ceux qui ont déjà publié, une progression moyenne des résultats pour le premier trimestre de 50% et jusqu'à 250% pour des titres comme Apple. On attendait un rebond dans les technologies. Mais on voit aussi des progrès dans d'autres secteurs importants comme la finance ou la chimie. On peut également espérer un bon trimestre pour les secteurs en amont du cycle économique tels que les secteurs pétrolier et manufacturier. Tout simplement, les restructurations engagées depuis 2001 ont porté leurs fruits. Les entreprises américaines affichent une bien meilleure santé comme le prouve l'amélioration de leurs marges.Après la croissance bénéficiaire de 18,3% réalisée en 2003 outre-Atlantique, que laisse augurer ce premier trimestre pour le reste de l'année ?Jusqu'ici, les entreprises ont pleinement profité des efforts produits sur leur masse salariale, de la baisse des charges financières et d'un allégement de leurs impôts indirects. Désormais, les ajustements sur la masse salariale seront plus difficiles à réaliser. L'effet dollar dont ont bénéficié les exportateurs et les filiales à l'étranger devrait s'avérer un peu moins profitable. Progressivement, les entreprises ne vont plus pouvoir répercuter aussi aisément la hausse du prix des matières premières. Enfin, la remontée des taux de la Fed se dessine et nous craignons que la hausse des taux courts se répercute sur les taux longs. Bref, pour toutes ces raisons, il sera difficile pour les entreprises de demeurer sur un rythme de 20% de croissance bénéficiaire. Nous attendons plutôt 14% sur le reste de l'année.La situation en Irak peut-elle remettre en cause ces perspectives ?Nous pensons les Etats-Unis à l'abri d'un véritable retournement de tendance. Ceci étant, quelques facteurs pourraient freiner le mouvement attendu. La situation en Irak peut effectivement peser sur le moral des ménages et sur la consommation. La tenue de la consommation est d'ailleurs l'une de nos grandes interrogations au sujet des Etats-Unis, tout comme l'emploi, en dépit de son rebond récent. La reprise du marché de l'emploi pourrait finalement être assez lente.La Bourse prend-elle d'ores et déjà en compte les perspectives des entreprises américaines ?Le marché est aujourd'hui valorisé à 18 fois les bénéfices attendus pour cette année, contre une moyenne historique sur 15 ans de 15 fois. Lors de la bulle entre 1997 et 2002, le marché américain a traité sur des ratios équivalents et supérieurs. On peut très bien rester sur ces niveaux, mais à la double condition d'avoir une politique accommodante de la part de la Fed et un rythme de croissance des résultats toujours élevé. Cependant, compte tenu de ce que l'on a évoqué précédemment, le meilleur est peut-être derrière nous. Le marché pourrait progresser jusqu'en juin. Après, ce sera certainement plus difficile avec une hausse plus limitée mais sans repli important attendu du marché. Nous approcherons de l'élection présidentielle, ce qui devrait favoriser l'attentisme.Quels secteurs seront à surveiller ?Nous restons positifs sur les valeurs technologiques, dont les perspectives de croissance demeurent intéressantes. A l'inverse, les groupes liés à la consommation pourraient connaître des temps un peu plus difficiles.

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