Colas sur le point de racheter la branche rail de Spie

 |   |  417  mots
La filiale route de Bouygues entre en négociations exclusives avec Spie pour le rachat de sa branche rail. Colas étoffe sa présence dans le ferroviaire où il est déjà présent à travers Seco Rail.

Colas, le numéro un mondial de la route, se renforce dans les infrastructures ferroviaires. La filiale de Bouygues a annoncé mercredi soir avoir signé un accord d'exclusivité avec Spie et son actionnaire, le fonds PAI Partners, en vue de la cession de la branche rail de Spie. La filiale de Bouygues l'a emporté face à Vinci et Eiffage, respectivement numéros 1 et 3 français du bâtiment et des concessions.

Spie Rail, la filiale infrastructure ferroviaire de la société d'ingénierie électrique Spie, a réalisé 308 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2005 et emploie près de 2.500 salariés. Colas est déjà présent dans le rail à travers la société Seco Rail, rachetée en octobre 2000 au groupe Desquennes et Giral. Seco Rail est spécialisée dans la maintenance et le renouvellement des voies ferrées, la pose de lignes nouvelles (TGV) et les transports urbains (métro et tramway).

Sa principale activité consiste dans le renouvellement de tout ou partie des constituants de la voie ferrée: ballast, traverses, rails. Présente en France mais aussi en Belgique et en Grande-Bretagne, Seco Rail a réalisé récemment la ligne à grande vitesse méditerranéenne ainsi que la LGV reliant Bruxelles à Liège. Seco Rail est en charge actuellement d'un lot de 200 kilomètres de la ligne à grande vitesse Est européenne.

"Pour Colas, le rachat de Spie Rail est un bon moyen de sécuriser de futurs appels d'offres, alors que se profilent de grands travaux dans les chemins de fer", fait valoir un banquier à La Tribune. De fait, des mutations importantes sont à venir dans le secteur ferroviaire avec l'extension des réseaux TGV ou des grands projets de partenariats publics privés qui nécessitent des compétences de grands projets de génie civil et des moyens financiers importants.

"Au-delà, reprend cet expert, les métiers de la route et des infrastructures ferroviaires sont assez proches. Le rail offre en outre une récurrence importante en termes de chiffre d'affaires car il faut réaliser beaucoup de travaux d'entretien." Colas mènerait, ce faisant, une stratégie offensive: le ferroviaire ne pèse actuellement que 1,8 % du chiffre d'affaires consolidé du groupe (9,5 milliards d'euros en 2005). Spie, l'ancienne filiale du groupe britannique Amec, cédée le 27 juillet dernier pour 1,04 milliard d'euros au fonds PAI Partners, avait révélé, courant octobre via La Tribune, qu'elle envisageait la cession de sa branche rail afin de parfaire son recentrage sur les services.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :