La Russie et la Turquie accaparent la rencontre Chirac, Merkel, Kaczynski

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La rencontre entre les dirigeants français, allemand et polonais, dans le cadre du Triangle de Weimar, aura permis un échange de vues sur les dossiers chauds liés à l'adhésion de la Turquie et la négociation des accords de coopération avec la Russie.

L'Europe avait les yeux rivés, aujourd'hui, sur Mettlach, bourgade de la région de Sarre (Allemagne) qui accueillait la 7e rencontre dite du Triangle de Weimar, entre la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Jacques Chirac, et le président polonais Lech Kaczynski. Ce sont deux pays non européens, la Turquie et la Russie, qui ont mobilisé l'essentiel des débats.

Ce sera sans doute encore le cas lors du prochain conseil des chefs d'Etat européens qui se tiendra les 14 et 15 décembre à Bruxelles. Lors de ce sommet, l'Allemagne va plaider pour que la Commission européenne établisse un rapport sur les progrès de la Turquie vis à vis des critères d'adhésion à l'Union européenne. "Nous allons nous engager pour que la Commission européenne présente un rapport entre les élections générales en Turquie fin 2007 et les élections européennes en 2009", a déclaré Angela Merkel .

La Commission européenne a proposé récemment de suspendre, dans huit domaines sur trente-cinq, les négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne en tirant les conséquences de la fermeture des ports et aéroports turcs aux marchandises en provenance de Chypre. Cette proposition de Bruxelles, qui doit être adoptée lors du prochain conseil européen, constitue "une bonne base de discussion", a encore déclaré Mme Merkel. Cependant, a-t-elle ajouté, nous ne voulons pas fixer d'ultimatum, adoptant ainsi un ton moins dur que ces derniers jours sur la question de l'adhésion turque.

Le président Chirac s'est aligné sur la position de la chancelière. Le président polonais a, quant à lui, réitéré son soutien à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. En cas de suspension partielle des négociations, le conseil européen devrait décider de leur éventuelle reprise, probablement pas avant 2008.

L'accent a par ailleurs été mis sur la Russie, appelée à lever son embargo sur les ventes polonaises. Varsovie y voit un préalable avant le début des négociations sur un accord de coopération de grande envergure entre la Russie et l'Union européenne. La question de l'énergie y représente un point clé. Paris et Berlin vont tenter d'y insérer les principes inscrits dans la Charte internationale sur l'énergie, que Moscou refuse de ratifier. La sécurité des approvisionnements énergétiques inquiète toujours les Européens, la Pologne en particulier, en raison de la dépendance du Vieux Continent vis à vis de la Russie.

"Nous allons nous efforcer de faire en sorte qu'une politique énergétique soit réalisée dans un esprit de solidarité et affirmons nos positions en étroite concertation", indique la communiqué diffusé à l'issue du sommet de Weimar en langues anglaise et allemande, mais pas en français.

Enfin, la rencontre aura permis la reprise d'un dialogue plus serein entre la Pologne et le couple franco-allemand. "Le triangle de Weimar doit être poursuivi", a déclaré le président polonais, lequel avait mis en doute, lors de son entrée en fonction en 2005, l'utilité de ce processus inauguré en 1991. La prochaine édition se déroulera en 2008 en Pologne.

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