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Sans action, Michel Pébereau craint une rapide asphyxie financière de l'Etat

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Publié le 23 novembre 2006 à 23:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:38

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La multiplication par cinq de la dette publique en 25 ans s'est accompagnée d'un recul de la croissance et d'un chômage persistant. Sans passer par une extrême rigueur, le président de la Commission sur la dette de l'Etat prône une meilleure efficacité des dépenses publiques.

"La dette publique atteindra 100% du PIB en 2020, 200% en 2030 et 400% en 2050: quel prêteur acceptera encore de payer à ce moment là ? La crise qui s'ensuivra permettra alors de passer par une brusque remise en cause drastique du système économique et social". Après la publication il y a un an du rapport de la Commission sur la dette publique qu'il présidait, Michel Pébereau s'inquiétait une nouvelle fois ce jeudi matin de la dérive des finances publiques au cours d'une conférence de presse.

En 25 ans de déficits cumulés, la dette des administrations publiques a été multipliée par 5, pour atteindre désormais plus de 1.100 milliards d'euros. "Il faut y ajouter, sur les 900 à 1.000 milliards de retraites des fonctionnaires, la partie qui n'est pas financée par les cotisations actuelles, soit 400 à 500 milliards d'euros", a précisé le président du Conseil de surveillance de BNP-Paribas. Et sur les dix dernières années, la dette publique a gagné 10 points de PIB, ce qui est l'évolution la plus forte dans la zone euro. "Certes, la France est suivie de près par l'Allemagne, avec 9,4 points de PIB, mais le pays a eu à financer la réunification", précise Michel Pébereau.

Liée à la multiplication des structures (départements, régions, inter-municipalités, et en amont l'Europe) et à la difficulté en France à faire accepter les réformes, la mauvaise gestion des finances publiques a conduit au financement des dépenses courantes (finances sociales, dépenses de santé) par le déficit. Conséquence, la dette s'est envolée et le patrimoine des administrations publiques a été divisé par trois en 25 ans.

La France compte aujourd'hui un million de fonctionnaires de plus qu'il y a 25 ans, et durant cette période, le RMI a été instauré et le SMIC a été multiplié par deux. Mais la multiplication des dépenses n'a aidé en rien la croissance, qui était de 3% dans les années 1970 pour retomber à 2% par la suite. De son côté, le taux de chômage n'a pas non plus été réduit, en moyenne de 10% depuis 25 ans et depuis dix ans.

Alors que le niveau de vie s'était rapproché de celui des Etats-Unis après la guerre jusqu'au début des années 1980, il s'en est ensuite progressivement éloigné. "Malgré l'avantage démographique de la France, qui a vu sa population active s'accroître, le nombre d'heures travaillées ont reculé de 23% ces trente dernières années alors qu'il a progressé de 15% aux Etats-Unis", constate Michel Pébereau.

Afin de rompre très rapidement avec la facilité de la dette publique, Michel Pébereau préconise de ne pas accroître les dotations des collectivités locales, ne pas non plus augmenter davantage les prélèvements obligatoires, déjà de 44% du PIB, et de ne pas remplacer les fonctionnaires partant à la retraite. Et ce, tout en maintenant une solidarité à laquelle les français sont attachés et en concentrant ses efforts sur des secteurs de croissance comme l'enseignement et la recherche.

"Contrairement à ce qui était anticipé, le secteur bancaire n'a pas été la sidérurgie des années 1980. De même que ce secteur a su faire évoluer ses administratifs vers des métiers commerciaux, les effectifs du ministère des Finances pourraient évoluer vers le ministère de l'Intérieur et ceux de l'Agriculture vers l'Industrie", a-t-il suggéré.

L'efficacité des dépenses publiques doit être également passée au peigne fin. "A l'origine, le Parlement a été créé en Grande-Bretagne au XIIIe siècle pour contrôler la dépenses publique d'un roi qui souhait alourdir les prélèvements, ce principe est à la base du fonctionnement de la démocratie", rappelle le banquier.

Toutes les générations peuvent se sentir menacées par ce problème, puisque les jeunes qui devront travailler plus tard pour financer la retraite des plus âgés mais pourront également choisir d'émigrer... Pour les différents programme des candidats à la présidentielle sur le sujet, Michel Pébereau invite à consulter le site Débat 2007 sur Internet, créé par l'institut de l'entreprise dont il est président.

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