Le prix du baril recule en raison de l'hiver clément aux Etats-Unis

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L'hiver particulièrement clément aux Etats-Unis contrebalance largement les tensions en Iran et au Nigeria. Sur fond d'abaissement des quotas de production de l'Opep, le pétrole avait gagné du terrain en début de journée en raison des tensions au Nigeria et de l'indifférence de Téhéran aux sanctions édictées par l'ONU à son encontre le 23 décembre.

Volte-face sur les marchés pétroliers cet après-midi. Affecté en début de journée par les tensions en Iran et au Nigeria, le pétrole a cédé du terrain en raison de la clémence de l'hiver outre-Atlantique. Une donnée qui contrebalance largement les tensions du côté de l'offre, dues à la bravade de l'Iran envers les sanctions des Nations Unies pour la poursuite de son enrichissement d'uranium et les violences au Nigeria. Le prix du baril pour livraison en février recule de 1,31 dollar à 61,10 dollars à New York, tandis qu'à Londres, il baisse de 1,25 dollar à 61,17 dollars.

Le 23 décembre, l'ONU a adopté à l'unanimité des sanctions contre Téhéran. La résolution 1737 impose à l'Iran des sanctions économiques et commerciales dans des domaines soigneusement délimités: enrichissement d'uranium, retraitement, projets liés aux réacteurs à eau lourde et développement des missiles balistiques.
Rédigée par les trois pays européens qui négocient avec l'Iran sur ce dossier (France, Grande-Bretagne et Allemagne), la résolution réitère l'exigence maintes fois exprimée par la communauté internationale que l'Iran suspende immédiatement ses activités sensibles.

Dès le lendemain, le président Mahmoud Ahmadinejada a déclaré que le monde aurait à accepter l'Iran comme puissance nucléaire. L'Iran a annoncé son intention de poursuivre son programme nucléaire et son projet d'installer 3.000 centrifugeuses dans une usine d'enrichissement d'uranium. "Cette nouvelle résolution ne constituera pas une entrave aux progrès de l'Iran dans le domaine du nucléaire", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini.

Autre sujet d'inquiétude, une étude publiée ce mardi par la revue "Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States" explique que l'Iran ne souhaite développer le nucléaire civil que pour éviter d'avoir à faire face dans les prochaines années à une pénurie d'énergie. Une pénurie due en grande partie par le manque d'investissements dans le secteur pétrolier.

"Tant que la situation perdurera en Iran, le baril devrait avoisiner les 65 dollars le baril, indique Makoto Takeda, analyste chez Bansei Securities, interrogé par l'agence Bloomberg à Tokyo. "Mais il faudrait de réels problèmes d'approvisionnement pour que les prix grimpent vraiment au-delà", ajoute-t-il.

Au Nigeria, le Mouvement d'émancipation du delta du Niger (MEND), qui a déjà revendiqué des attaques sur des sites de Royal Dutch Shell et Eni, a déclaré le 23 décembre avoir piégé une voiture à Port Harcourt, dans la première région productrice du pays. Quatre employés d'Eni ont été kidnappés ce mois-ci et ne seront relâchés qu'en échange de quatre prisonniers détenus dans les prisons nigérianes. Enfin, le sabotage d'un oléoduc, une pratique courante dans ce pays d'Afrique équatoriale, a fait aujourd'hui au moins deux cents victimes à Lagos ce matin.

Ces événements interviennent dans un contexte de restriction puisque l'Opep, qui produit 40% du pétrole mondial, abaissera sa production de 500.000 barils par jour à partir du 1er février, en plus des 1,2 million déjà décidés le 20 octobre. Mais l'hiver doux aux Etats-Unis parvient à contrebalancer les nouvelles négatives sur le front de l'offre. Les prévisions météorologiques continuent ainsi de faire reculer le prix du brut.

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