Le jubilé de la Fondation Gulbenkian

 |   |  403  mots
La fondation Gulbenkian de Lisbonne fête ses 50 ans. Son musée renferme une collection qui parcourt les siècles à travers une sélection d'oeuvres exceptionnelles.

A Lisbonne, le musée Gulbenkian renferme un trésor inestimable. Une collection d'une qualité rare qui s'étend de l'Antiquité jusqu'à l'art nouveau de René Lalique. Difficile de croire qu'en moins de quarante ans le financier arménien Calouste Sarkis Gulbenkian, qui voyageait peu, soit parvenu à réunir tant de chef-d'oeuvres. Sa technique: s'entourer des conservateurs des plus grands musées. Sa devise: "Only the best is good for me".

Dans les années 20, le financier avait gagné le surnom de "monsieur 5%". Lors des premières grandes négociations pétrolières au Moyen-Orient, il marchandait ses services d'expert et d'aide aux négociations contre une part sur l'exploitation. C'est ce qui a participé à sa richesse. Mais en plus d'être un homme d'affaire habile, cet Arménien qui s'est installé dans la capitale portugaise en 1942 était un féru d'art. Sa collection ne contient pas moins de 6.000 oeuvres.

Gulbenkian sélectionnait scrupuleusement ses acquisitions en fonction de ses goûts personnels et achetait rarement plusieurs pièces d'un même artiste. De ce fait, chaque oeuvre exposée mérite une attention particulière. Comme cette peinture de Monet, "La Débâcle". Un paysage hivernal austère d'où émane une atmosphère douloureuse de destruction. Les traits y sont vifs mais la construction spatiale structurée. Un mélange parfait d'impressionnisme et de rigueur formelle.

Ou encore ce tableau de Rembrandt représentant la déesse Athéna. Un portrait sombre, puissant, qui dégage une aura mystérieuse. A leurs côtés, Degas côtoie Rubens et Turner. Mais cet espace consacré à l'art européen ne représente qu'une infime surface du musée.

La partie réservée à l'art islamique montre des panneaux de soies ottomanes du XVIe siècle aux motifs géométriques fascinants, celui consacré à l'Antiquité orientale et classique contient une collection de pièces de monnaie minutieusement dessinées.

Plus loin, un autre univers, celui de Lalique. Ce maître verrier et bijoutier, représentant de l'art nouveau, était un ami personnel de Calouste Gulbenkian. Exception à la règle, le collectionneur ne s'est pas contenté d'acquérir quelques oeuvres du maître joaillier, mais une centaine! Pendentifs, broches, diadèmes... Des bijoux uniques, en verre, émail, cuir ou corne. Toujours avec un sens du détail et une flamboyance des formes exceptionnels. L'un des nombreux sommets d'une collection étourdissante.


Informations: www.gulbenkian-paris.org

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :