Carrefour convoite le gigantesque marché indien

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Après l'américain Wal-Mart fin novembre, Carrefour pourrait être le deuxième distributeur occidental à prendre pied sur le prometteur marché indien.

Selon le quotidien indien Financial Express, Carrefour serait en négociation avancée avec la famille Wadia, propriétaire du groupe Bombay Dyeing, pour ouvrir des supermarchés en Inde. Contacté par La Tribune, Carrefour n'a pas souhaité commenter ces informations.

Le marché indien de la grande distribution, estimé à 300 milliards de dollars, fait l'objet de toutes les convoitises. Les géants internationaux n'hésitent pas à négocier avec plusieurs partenaire simultanément. Et à se griller la politesse. Ainsi le numéro un mondial Wal-Mart s'est associé fin novembre avec l'indien Bharti (agroalimentaire, télécoms), avec lequel le britannique Tesco était en discussion depuis des mois.

De son côté, Carrefour négocie depuis des mois son entrée en Inde et aurait échoué ces derniers jours, toujours selon la presse indienne, à trouver un accord avec un groupe de Dubaï, Landmark Group.

Ces accords de partenariat sont d'autant plus cruciaux que la législation locale en matière de grande distribution est extrêmement contraignante. Le pays protège farouchement son réseau de 15 millions de petits commerçants, l'un des plus importants du monde. Néanmoins, le gouvernement indien a récemment entrouvert la porte aux étrangers.

Le pays a consenti en janvier 2006 à autoriser les investissements étrangers à hauteur de 51%, mais seulement dans les enseignes à marque unique, comme par exemple Reebok ou Nokia. Parallèlement, la loi autorise les étrangers à passer des accords de franchise avec des groupes locaux. Jusqu'ici, seul l'allemand Metro avait réussi en 2003 à se faire une place en Inde mais uniquement pour la vente en gros réservée aux professionnels.

Gigantesque, le secteur de la vente au détail en Inde devrait doubler son chiffre d'affaires à 600 milliards de dollars d'ici à 2015, selon les projections du cabinet PriceWaterhouseCoopers. Notamment grâce aux quelque 300 millions de consommateurs appartenant aux classes moyennes, plutôt frustrés en la matière.

En revanche, ce secteur reste extrêmement fragmenté. Lors du dernier World Food Business Summit, en juin dernier, Luc Vandevelde, président du conseil de surveillance de Carrefour, le soulignait lui-même: "L'Inde représente une opportunité gigantesque pour les distributeurs de produits alimentaires", indiquait-il, en rappelant toutefois combien ils devront composer avec une infrastructure chaotique et une chaîne d'approvisionnement pour l'heure déficiente. Ce n'est pas la seule difficulté du marché indien.

En son sein, le pays compte d'ores et déjà des acteurs locaux réputés. Parmi eux figurent le groupe agroalimentaire Tata qui aligne 21 magasins et Pantaloon qui, à la tête aujourd'hui de 100 magasins répartis dans 25 villes d'Inde, en espère trente fois plus en 2010.

Sans compter l'indien Reliance Retail qui va lancer une série de supermarchés en 2007. Cette filiale du conglomérat indien de pétrochimie et de télécoms Reliance Industries vient de décider de créer ex-nihilo une enseigne de supermarchés et d'hypermarchés. D'ici à 2010, elle consacrera 2,2 milliards de dollars à ses premiers pas dans la distribution. Dans 1.500 villes et localités d'Inde, le groupe veut installer son enseigne Fresh, sous différents formats, pour aligner 5.500 magasins d'ici à 2010.

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