La consommation des ménages continue de tirer la croissance française

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Non seulement la croissance nulle du troisième trimestre a été confirmée, mais l'Insee a revu en baisse de 1,2% à 1,1% la croissance du deuxième trimestre. Seule la consommation, en progression de 0,9% en novembre, continue d'avoir le vent en poupe.

Peu de cadeaux de Noël sous le sapin de la conjoncture française. Non seulement la croissance du produit intérieur brut (PIB) est restée inchangée pour la troisième estimation de l'Insee, à zéro au troisième trimestre 2006, mais le chiffre de la croissance du deuxième trimestre à été légèrement revu en baisse à 1,1% au lieu de 1,2%. La croissance annuelle devrait malgré tout s'inscrire dans le bas de la fourchette de 2 à 2,5% fixée pour le budget 2006, comme l'a confirmé le ministre de l'Economie, Thierry Breton, mardi dernier.

"Sur les Douze pays de la zone euro, la France, avec 2% de croissance, figurera donc en dixième position, juste devant l'Italie et le Portugal", déplore Marc Touati, chez Natixis. Pour la deuxième année consécutive, elle réalisera donc une croissance inférieure à celle de la zone euro. "Pis, pour la première fois depuis 1994, sa croissance sera inférieure à celle de l'Allemagne et, de plus, dans une proportion conséquente, puisque la croissance allemande devrait atteindre 2,6%", poursuit l'économiste.

Autre nouvelle peu réjouissante, le moral des industriels français a reculé à 106 points en décembre, comme prévu par les économistes, contre 108 points en novembre (révisé en hausse de 1 point), a indiqué l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). De leur côté, les Allemands ne cessent d'enregistrer des plus hauts pour le climat des affaires. L'indice Ifo a ainsi atteint mardi un sommet depuis la réunification en 1990. "En outre et beaucoup plus inquiétant, les perspectives générales de production se sont écroulées, passant de 20 en octobre à 13 en novembre et - 1 en décembre! C'est dire combien les industriels sont inquiets quant à l'avenir de l'économie française", indique Marc Touati.

On peut néanmoins se réconforter un peu du côté de la consommation. Les dépenses des ménages français en produits manufacturés ont augmenté de 0,9% en novembre, après une hausse de 0,8% en octobre, révisée en recul de 0,1 point, en données corrigées des jours ouvrables et des variations saisonnières. Les économistes du consensus recueilli par l'agence Bloomberg s'attendaient à une hausse de 0,2% seulement. "Sur un an, la croissance reste très élevée à 4,3% en novembre après 4% en octobre, ce qui devrait aider à la reprise de la croissance en fin d'année", commente Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas.

Enfin, selon les chiffres définitifs diffusés par le ministère de l'Emploi (Dares), l'indice du salaire mensuel de base a augmenté de 0,8% au troisième trimestre et de 2,7% sur un an, soit un gain de pouvoir d'achat de 1,4 point sur douze mois. Sur un an, les salaires ont gagné 2,7% au troisième trimestre, contre 2,8% au trimestre précédent. "La principale raison de ce ralentissement est le tassement continu de la hausse du salaire minimum, de 5,52% en 2005 à 2,99% en 2006; ce paramètre contrebalance l'effet de l'amélioration du marché de l'emploi", indique Dominique Barbet.

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