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Citigroup a été préféré à la Société Générale pour entrer au capital de la Guangdong Development Bank

La Tribune

Publié le 20 novembre 2006 à 22:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:36

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Le géant bancaire américain a été préféré à la Société Générale pour prendre une participation dans la banque chinoise Guangdong Development Bank. Le groupe informatique américain IBM est associé à l'opération et prend 4,74% du capital. La Société Générale avait exhorté les autorités locales à afficher la plus grande transparence dans le processus de vente.

Après plusieurs jours de rumeurs, le géant bancaire américain Citigroup a conclu jeudi dernier l'accord pour prendre une participation dans la banque chinoise GDB, Guangdong Development Bank (Banque de développement de Canton) en y investissant 3,1 milliards de dollars. Le groupe informatique américain IBM est associé à l'opération et prend 4,74% du capital de la GDB.

Aux côtés des deux groupes américains, le premier assureur vie chinois China Life Insurance et le groupe public State Grid Corp prendront également chacun 20% de l'établissement bancaire. Les autres membres du consortium sont les chinois CITIC Trust and Investment et Puhua Investment, qui achèteront respectivement des participations de 12,8% et 8%. Au total, le consortium contrôlera ainsi, avec plus de 86% du capital,

La Guangdong Development Bank compte plus de 500 succursales et 48 milliards d'actifs, mais est réputée plombée par des créances douteuses. A la fin de l'an dernier, elle affichait des actifs de 355,8 milliards de renminbis (36 milliards d'euros), soit 35,5 milliards de moins que le total de l'encours de ses prêts, à en croire l'agence Bloomberg. Selon les experts de Standard & Poor's, le ratio de couverture de ses engagements par ses fonds propres était de 3,87% à la fin 2003, soit bien en-dessous des 8% minimum exigés par les régulateurs chinois.

Selon les derniers chiffres publiés par la société, les prêts difficilement ou non recouvrables ("créances douteuses") représentaient 22% du total de ses prêts à la fin 2003. L'établissement, devrait, comme ses autres concurrents, recevoir une injection massive de fonds de la part du gouvernement central afin de lui permettre d'apurer son bilan.

La GDB intéressait aussi la française Société Générale qui a tempêté contre ce qu'elle estimait être un manque de transparence du processus. Vendredi dernier, elle soulignait que "les rumeurs et l'incertitude sur une telle durée ne sont pas dans le meilleur intérêt de la banque". Les régulateurs bancaires de la République populaire n'ont toujours pas dévoilé les critères appliqués pour identifier le vainqueur.

Les règles actuellement en vigueur exigent qu'aucune banque chinoise ne soit détenue à plus de 25% par des intérêts étrangers, aucun groupe particulier ne pouvant de surcroît en contrôler à lui seul plus de 20%. Jusqu'en mai dernier, Citigroup espérait pouvoir obtenir 40% de la Banque du Développement de Canton - la Société Générale visait une participation de 24% - avant de devoir se conformer aux règles en vigueur.

La banque française visait donc 20% du capital de la banque cantonaise. Ses partenaires l'accompagnant dans cette enchère étaient la Caisse de Dépôt et Placement du Québec (cette dernière espère obtenir 5%), le géant de l'acier chinois Baosteel (20%), China Petrochemical (20%), la structure d'investissement Jilin Trust (10%) ainsi que le groupe chinois Dalian Shide (10%). Ce consortium visant 85% du capital est accompagné d'investisseurs chinois visant le solde.

Cette guerre des enchères aura duré depuis près d'un an et demi. Elle a déjà failli aboutir en décembre 2005. Le consortium emmené par Citigroup offrait alors 24,1 milliards de renminbi (2,4 milliards d'euros), dépassant ainsi les 23,5 milliards (2,3 milliards d'euros) offerts par le groupe d'investisseurs dirigé par la banque française, ainsi que l'offre de 22,6 milliards de renminbis déposées par l'assureur chinois Ping An. Mais le processus a été relancé.

La Société Générale misait sur ce rachat de la banque cantonaise pour mettre la main sur un réseau d'un demi-millier d'agences en République Populaire. Ces établissements sont principalement situés dans la province méridionale du Guangdong (région de Canton). Centre industriel le plus dynamique du pays, proche de Hong Kong, celle-ci est peuplée de 110 millions d'habitants. C'est également l'une des provinces les plus riches du pays après la capitale, Beijing, et la métropole de Shanghaï.

Depuis 2005, les investisseurs étrangers ont dépensé 18,6 milliards de dollars pour prendre des participations minoritaires dans les banques chinoises, selon des chiffres du cabinet Dealogic cités récemment par le Wall Street Journal.


La Chine va s'ouvrir aux banques étrangères
Conformément à ses engagements auprès de l'OMC, l'organisation mondiale du commerce où elle a fait son entrée en décembre 2001, la Chine a annoncé jeudi dernier la prochaine ouverture et sans restrictions géographiques du marché de détail aux banques étrangères, qui devront toutefois se constituer en sociétés de droit chinois. Les établissements qui adopteront un statut local à partir du 11 décembre seront alors "sujets aux mêmes obligations que leurs homologues chinois" par exemple en termes de capital social, a assuré Song Dahan, vice-ministre des Affaires légales du gouvernement. Une banque sino-étrangère ou une banque étrangère constituée en société de droit chinois devra avoir un capital social d'au moins un milliard de yuans (127 millions dollars) - ou son équivalent en devises. Si elles établissent des succursales sur le sol chinois, celles-ci devront être dotées d'au moins 100 millions de yuans. Les restrictions perdureront en revanche pour les banques étrangères qui choisiront d'établir en Chine une succursale restant dépendante de la maison-mère. Jusqu'à présent, les banques étrangères pouvaient recevoir des licences d'opérations en yuans mais uniquement pour traiter avec des entreprises chinoises, pas des particuliers.

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