Les ONG comptent sur la mobilisation citoyenne pour lutter contre le réchauffement climatique

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Les associations de défense de l'environnement organisent samedi une journée d'action contre le réchauffement climatique. Cette initiative, qui se déroule deux jours avant l'ouverture de la conférence internationale sur le climat à Nairobi, vise à inciter les pouvoirs publics à agir efficacement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique d'ici 2050: selon les scientifiques, les dangers du réchauffement de la planète ne pourront être évités qu'à ce prix et c'est dès maintenant qu'il faut agir. Mais cet objectif sera "difficile à atteindre" sans une pression des citoyens sur les pouvoirs publics, estime Olivier Louchard, du Réseau action climat-France. Car pour l'heure, "les décisions ne sont pas assez ambitieuses", tant au niveau international que national.

Trente-cinq pays industrialisés se sont engagés en 1997, à travers le protocole de Kyoto, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5 % par rapport au niveau de 1990. Ce protocole, qui n'a été ratifié ni par les Etats-Unis (un quart des émissions de gaz à effet de serre pour 4 % des habitants de la planète) ni par l'Australie, présente à ce jours des résultats variables. Le Canada, qui s'était fixé un objectif de réduction de 6 %, a augmenté ses émissions de 24 %. De même, l'Union européenne, avec une baisse de 1,2 % des émissions, est encore loin de l'objectif sur lequel elle s'est engagée (- 8 %). L'enjeu de la conférence de Nairobi est de fixer le cadre de l'action internationale après 2012, date à laquelle se termine la première période d'application du protocole de Kyoto.

En ce qui concerne la France, les associations en appellent à "une politique nationale ambitieuse" de réduction des gaz à effet de serre, envigagée sur le long terme et associant tous les secteurs, y compris le logement et les transports, selon Anne Bringault, des Amis de la terre. Alors que le logement est responsable à lui seul de 22 % des émissions de gaz à effet de serre, cette ONG demande un vaste plan de rénovation de 400.000 logements par an pendant 40 ans, afin de réduire la consommation énergétique par mètre carré de 210 kWh aujourd'hui à 50 kWh, à confort inchangé, de même que l'édiction de normes thermiques plus strictes, tant pour le neuf que l'ancien.

"On peut s'étonner que lors de l'examen de la récente loi sur l'habitat social, aucune référence n'ait été faite à la nécessité de construire des bâtiments à haute performance énergétique", souligne la mission d'information sur l'effet de serre de l'Assemblée nationale dans son rapport rendu public en avril. D'où le besoin, selon Anne Bringault, d'associer l'ensemble des ministères à la lutte contre le réchauffement climatique.

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