"Faites des enfants", dit l'Europe à ses citoyens

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L'impact du manque d'enfants en Europe ve se faire sentir aussi bien sur les finances publiques que sur la croissance et la sécurité. Reste à savoir si les politiques qui sont recommandées par la Commission européenne, comme celle de recevoir et d'intégrer plus d'immigrants, seront suivies d'effets.

"Faites des enfants sur une grande échelle", disait Michel Debré dans les années 60. Le problème n'a pas changé. C'est en tout cas le constat - alarmant - de la Commission européenne. Par la voix du commissaire aux Affaires sociales, Vladimir Spidla, elle a évoqué il y a quelques jours le "défi démographique" et les moyens de le relever.

Les faits sont incontestables, et certains chiffres sont déjà connus. Ainsi, la population européenne en âge de travailler (15-64 ans) perdra 20 millions de personnes d'ici 2030, tandis que sur la même période, la population de plus de 80 ans passera de 19 à 34 millions de personnes. Selon certains calculs, publiés dans un récent article du quotidien espagnol El Pais, l'augmentation du coût des retraites ou celle des dépenses de santé feront exploser les dettes publiques à 200% du PIB dans la zone, contre 63% actuellement.

Certains pays seraient dans une situation vraiment dramatique, comme le Portugal, qui verrait sa dette atteindre 528% du PIB, tandis qu'en Hongrie, le ratio serait de 493%, en Italie et en Allemagne de 261% et au Royaume-Uni de 239%. En Espagne, la situation serait plus confortable, avec un ratio de 76%.

La raison de tout cela? Un indice de fécondité déplorable. Le nombre moyen d'enfant par femme n'a en effet pas cessé de baisser en Europe. Il se situe actuellement à 1,4 contre 2 en Amérique du Nord (et même 2,08 aux Etats-Unis). Certains pays européens sont encore plus mal lotis que d'autres. Ainsi, si la France, qui semble donc avoir quelque peu écouté Michel Debré, affiche un indice de 1,94 (et un taux d'accroissement de sa population de 0,4%), l'Italie a quant à elle un indice de 1,28 et l'Espagne de 1,30. L'Allemagne est à 1,39 et le Royaume-Uni à 1,66.

Si l'on veut éviter la catastrophe, non seulement au niveau des comptes publics, mais aussi en termes de croissance, ou, comme le mentionnait aussi récemment un autre rapport, en matière de sécurité du fait que nous n'aurons plus assez de jeunes, dans les vingt ans qui viennent, pour rejoindre les armées et nous défendre au besoin, il faut donc remédier à cet état de fait. Oui, mais comment?

Vladimir Spidla préconise plusieurs solutions, qui vont de l'amélioration des politiques natalistes (on pense aux impôts, mais aussi à l'infrastructure en matière de crèches ou encore à un meilleur équilibre à trouver entre vie privée et vie professionnelle), à la promotion de l'emploi, y compris pour les plus âgés, qui contribueraient ainsi à la retraite des autres, en passant par l'accueil d'immigrants et leur intégration dans nos sociétés.

Reste à savoir si ces recettes seront effectivement mises en place. On sait que la bataille de l'emploi est difficile et, pour l'instant, elle n'est pas gagnée. Quant à celle de l'immigration, les hommes et les femmes politiques actuels semblent encore manquer de courage, même si c'est en partie ce qui sauve l'Espagne par exemple...

Bref, il ne faudrait pas que ces propositions, qui doivent être intégrées, selon la Commission, dans les politiques européennes, subissent le même sort que d'autres programmes qui ont beaucoup agité les esprits en leur temps - comme l'Agenda de Lisbonne ou le développement durable...

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