Viva Zapatero !

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Le sommet entre l'Union européenne et l'Amérique latine menaçait de tourner au pugilat en raison de la nationalisation des ressources boliviennes en hydrocarbures. C'est, entre autres, José Luis Zapatero qui a rétabli le dialogue.

Alors que l'Amérique latine devait se présenter en rangs serrés à Vienne lors d'un sommet Union européenne Amérique latine, ne serait-ce que pour défendre ses intérêts commerciaux, en particulier sur l'agriculture, dans le cadre des futures négociations à l'OMC, c'est tout le contraire qui s'est produit le week-end passé. Et ce n'est pas l'agriculture qui a fâché, mais bien le pétrole et le gaz. Et non seulement les Européens, mais aussi certains latinos. En fait, on aurait pu parler de match "au sommet" entre le Brésil et la Bolivie!

En effet, la décision, le 1er mai dernier, de la part du nouveau président bolivien, Evo Morales, de nationaliser les ressources nationales en hydrocarbures, n'a pas fait que des heureux. Au premier rang desquels les Brésiliens, dont la compagnie nationale Petrobras est très impliquée sur place. Mais surtout, c'est l'attitude de Morales qui a semé le trouble. Il a passé son temps à mettre de l'huile sur le feu. En envoyant l'armée garder les puits - pour les Brésiliens voisins et amis, cet acte symbolique équivalait presque à une déclaration de guerre; en déclarant que, de toutes façons, les compagnies pétrolières qui risquent l'expropriation ne seraient pas indemnisées; et en se plaignant tous azimuts de la façon dont la Bolivie est traitée de par le monde.

Ainsi, juste avant l'ouverture du sommet, il critiquait l'Espagne, l'un des plus gros investisseurs en Amérique latine, disant qu'elle n'a pas tenu ses promesses en matière de coopération ni d'allégement de la dette bolivienne. Madrid n'a guère apprécié.

Mais si les Autrichiens, hôtes du sommet, commençaient - une fois n'est pas coutume - à avoir le sang un peu chaud, les Français parlaient plutôt du "droit souverain" des Etats à disposer de leurs ressources (sans oublier non plus le droit des entreprises à récupérer leurs investissements et à faire des profits). Les Espagnols, quant à eux, se sont montrés grands seigneurs. Ils ont décidé d'accepter les excuses de Morales (les petites notes fusaient dans les chancelleries) concernant ses critiques envers leur pays, et d'entamer le dialogue, dès aujourd'hui d'ailleurs, sur la nationalisation des ressources boliviennes, pour l'instant exploitées par la compagnie pétrolière espagnole Repsol. Grâce à l'assurance de Zapatero, l'incident diplomatique a été évité!

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