La fatigue de l'élargissement

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Alors qu'il faut encore intégrer les deux petits nouveaux, la Bulgarie et la Roumanie, certains sautent déjà le pas et envisagent de faire adhérer d'autres pays des Balkans. Encore faudrait-il qu'ils y soient prêts.

L'Europe a à peine le temps de souffler que la course folle à l'élargissement semble déjà avoir repris! De fait, après l'annonce de l'adhésion, à l'arraché, de la Bulgarie et de la Roumanie, d'aucuns pensent déjà à d'autres pays des Balkans pour rejoindre l'Union.

Mais encore faudrait-il qu'ils soient au niveau, ce qui est loin d'être le cas. Aussi bien au niveau économique que politique. Certains pays n'en sont d'ailleurs pas vraiment, comme le Kosovo dont l'indépendance n'est pas encore tranchée, ou l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine, qui, elle, n'a pas encore de nom officiel, celui qu'elle souhaite étant refusé par la Grèce...

Mais ces éléments paraissent presque anecdotiques quand on pense aux infrastructures dans la région. Les routes, le réseau ferroviaire sont encore en pleine reconstruction. Les lignes aériennes locales sont inexistantes. Tout donc, reste à faire, pour relancer le commerce régional et l'économie.

L'Europe aura-t-elle la volonté de s'en charger? Elle le fait déjà et pour certains, c'est son intérêt. Elle doit faire monter le niveau de vie de ses voisins, sous peine de les voir débarquer, légalement ou illégalement, chez elle.

Mais c'est sans compter avec ce que les experts ont baptisé "la fatigue de l'élargissement". Les citoyens européens, et en particulier ceux qui ont dit non au référendum sur la Constitution, sont fatigués. Ils ne veulent plus entendre parler de nouveaux candidats à l'adhésion. Surtout quand il s'agit de pays si mal en point. Que faire alors, surtout si c'est dans l'intérêt de toute la zone?

"Nous devons sans doute mieux mettre en avant nos succès, et l'intégration des pays de l'Est en sont un", remarquait en fin de semaine dernière certains orateurs, lors d'une conférence sur l'Europe du Sud-Est organisée sous l'égide de la Banque Européenne d'Investissement, à Athènes. L'intégration de la Bulgarie et de la Roumanie, même si elle reste un défi sur le terrain, peut aussi être considérée comme un succès. Mais il faut dire aussi que les leaders de ces pays ont tout fait pour prendre la route de l'Union.

S'il faut donc que les politiciens de la Vieille Europe fassent mieux la promotion des succès de l'élargissement, que, clairement, les citoyens ne voient pas, il faut aussi que les pays candidats dans les Balkans aient vraiment la volonté d'y adhérer, le disent haut et fort et prennent leur sort en main.

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