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"La chute récente des Bourses ne marque en aucun cas la fin du marché haussier"

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Publié le 30 mai 2006 à 10:20 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 18:26

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François Chevallier, stratégiste chez VP Finance, estime que le repli des marchés européens constaté depuis la semaine dernière n'a rien d'alarmant. Il ne s'agit en aucun cas selon lui d'un retournement, mais d'une simple consolidation qui était prévisible.

Latribune.fr- On a assisté la semaine dernière à un fort repli des marchés européens, était-ce prévisible?

François Chevallier- Ce recul des marchés était effectivement attendu car au cours des seize derniers mois, les indices ont pris 35%. Pourtant je ne suis pas sûr que ce soit la consolidation qui était attendue par les professionnels, sinon seules les places européennes auraient dû être affectées. Il n'aurait dû y avoir aucune réaction du marché américain. En plus, nous n'avons pas assisté à des prises de profits, ce qui aurait dû être le cas.

Comment expliquer cette chute?

Trois facteurs expliquent la réaction des marchés. Le premier est le communiqué diffusé mercredi par la Réserve Fédérale annonçant une nouvelle hausse de son taux directeur à 5%. Une annonce qui laisse entendre que les taux peuvent continuer à croître. De plus, l'annonce de la hausse des ventes au détail est le signe que la consommation américaine résiste. Le second facteur est la forte hausse des matières premières avec un pétrole qui dépasse les 70 dollars le baril, l'or et les métaux industriels qui ont atteint leurs plus hauts. Le dernier facteur est la poursuite de la baisse du dollar qui affecte autant les actions européennes, puisqu'il détermine la performance européenne par rapport aux États-Unis, que les actions américaines.

Quel peut-être l'impact de la baisse du dollar sur les actions européennes?

La stabilisation ou la hausse du dollar est un élément très important de la sur-performance des actions européennes. Actuellement, si l'on compare secteur par secteur, les actions européennes sont valorisées de la même manière que les américaines. Cela signifie que le PER (Price Earning Ratio, cours/bénéfices) de Carrefour est le même que celui de Wal-Mart. En même temps, le marché a anticipé une stabilisation du dollar et jamais sa remontée, donc il n'y a pas lieu d'être inquiet car il n'y a pas d'excès en termes de valorisation des actions européennes

La baisse du dollar pourrait-elle se poursuivre?

Le potentiel de baisse du dollar est assez limité. Dans le pire des cas, l'euro pourrait renouer avec ses plus hauts à 1,36 mais je doute que cela puisse aller plus loin. De toutes les manières, à supposer que la baisse du dollar se poursuive, la poursuite de la hausse des actions américaines l'absorberait. Ce qui est important c'est que depuis l'automne 2005, la sur-performance des actions européennes s'est plutôt fondée sur une amélioration des profits car la valorisation n'a pas tellement changé. La hausse des actions européennes est donc saine.

La baisse des marchés va-t-elle se poursuivre? Peut-on parler de retournement de tendance?

Non, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Globalement, ce n'est pas très grave, cela fait partie des respirations du marché. Il ne s'agit en aucun cas de la fin du marché haussier. Il est normal que les actions boudent quand les obligations baissent et que les taux longs à l'inverse montent car cela peut hypothéquer la croissance future. Je n'anticipe pas à court terme de chute durable, il s'agit juste d'une consolidation. Le jeu est en train de se calmer. Le prix des matières premières recule car le caractère spéculatif de la hausse était très fort. Le pétrole est repassé en-dessous de la barre des 70 dollars le baril. Les taux longs sont également légèrement retombés.

On se retrouve dans une situation similaire à celle d'avril ou octobre 2005, où lorsque les taux se stabilisent, les actions repartent à la hausse. D'ailleurs, depuis quelques jours, le marché est légèrement reparti. Actuellement, tous les regards sont tournés vers le marché immobilier américain qui en général traduit en premier le ralentissement de la croissance américaine. Il se trouve qu'actuellement les indices du secteur (le NAHB) montrent une dégradation rapide du marché similaire à la situation de 2000-2001.Ce ralentissement est une très bonne nouvelle car cela signifie une remontée des actions américaines. C'est sans doute ce qu'attendait la Fed.

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