La Russie menace Total de lui retirer sa licence de Khariaga

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Le ministère russe des Ressources naturelles affirme disposer des justifications légales pour retirer à la compagnie pétrolière française son permis d'exploitation de ce gisement situé au nord du cercle polaire. Total pourrait ainsi subir le même sort que Shell en ce début de semaine avec Sakhaline 2.

Dans la foulée des déboires de Shell, c'est désormais Total qui pourrait faire les frais de l'intransigeance du Kremlin. Un porte-parole du ministère russe des Ressources naturelles a averti ce matin que son gouvernement disposait de toutes les "bases légales" pour signifier à la compagnie pétrolière française un retrait de sa licence d'exploitation du gisement pétrolier de Khariaga. Interrogé par l'AFP, Nikolaï Goudkov affirme en effet que le groupe "ne respecte pas les conditions du projet".

Chaque jour, près de 20.000 barils de brut sont extraits du champ pétrolifère de Khariaga, une zone qui depuis plusieurs années fait l'objet de vives tensions entre Moscou et Total, accusé d'accumuler les retards dans l'avancement du projet. Montré du doigt, l'opérateur français rejette ces incriminations, arguant n'avoir eu de cesse de respecter les termes de l'accord de partage de production qui le lie à l'Etat russe.

Un dossier concernant le projet d'exploitation de Total a été adressé par le ministère russe des Ressources naturelles à l'Agence fédérale des ressources minérales, dont le rôle sera de trancher cette nouvelle affaire épineuse. Pour l'heure, aucune date ne semble encore fixée quant à la réunion de ce comité, mais le ministère précise que la licence pourra être retirée à la compagnie française, en dépit des clauses qui régissent l'accord de partage de production.

En début de semaine, le même ministère avait déjà fait parler de lui en requérant et obtenant du Parquet général l'annulation du permis accordé à Shell pour exploiter le gisement de Sakhaline 2. Une série de manoeuvres dont nombre d'observateurs estiment qu'elles révèlent les velléités de Vladimir Poutine d'accroître son contrôle sur un secteur énergétique devenu hautement stratégique.

Engagé en 2003 pour un investissement représentant 20 milliards de dollars, Sakhaline 2 vise à exporter par bateau, à partir de l'été 2008 et sur une durée de 20 ans, du gaz naturel liquéfié (GNL) principalement destiné à l'archipel nippon, très fortement dépendant pour son approvisionnement énergétique. Mitsui et Mitsubishi Corporation, deux sociétés de négoce japonaises présentes respectivement à hauteur de 25% et 20% dans la capital du consortium de Sakhaline 2, ont annoncé ce matin qu'elles étaient prêtes à céder une partie de leur participation pour débloquer le développement du projet. Un appel du pied au groupe public Gazprom.

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