Le Bipe relance le débat sur le pouvoir d'achat

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Commandée par les magasins Leclerc, une étude du cabinet d'analyse économique Bipe anticipe une légère hausse de 0,5% du pouvoir d'achat cette année, contre 2,4% pronostiqués par l'Insee. L'écart s'explique notamment par la prise en compte des dépenses "incompressibles" des ménages.

Nouvel éclairage sur le décalage entre la perception des ménages de l'évolution de leur pouvoir d'achat et les chiffres de l'Insee. Selon le Bureau d'informations et de prévisions économiques (Bipe), le pouvoir d'achat ne devrait progresser que très légèrement en 2006 et 2007, de respectivement 0,5% et 0,6%, contre les 2,4% et 2,1% prévus par l'Insee.

Il y a trois semaines, l'Institut national de la consommation (INC) avait déjà jeté un pavé dans la mare en annonçant dans son mensuel "60 millions de consommateurs" que le pouvoir d'achat des Français n'avait progressé que de 21 euros, soit 0,9%, sur un an entre juin 2005 et juin 2006. L'institut de la consommation avait obtenu ces chiffres en intégrant l'énergie (carburants, gaz, combustibles) et les loyers dans ses calculs de l'inflation, des postes qui pèsent moins dans l'indice des prix de l'Insee. L'INC avait alors plaidé pour la mise en place d'un "indice du coût de la vie", qui prendrait en compte les nouveaux modes de consommation (Internet, téléphone mobile) et pondèrerait différemment des postes comme le logement.

De son côté, le Bipe prend en compte les dépenses incompressibles des ménages (qu'elle nomme des "charges contraintes") comme le remboursement des crédits (à la consommation et l'habitat), les loyers, les charges liées au logement, les assurances obligatoires et les transports collectifs. En revanche, le Bipe n'y intègre pas les dépenses de carburant et de téléphone mobile, estimant que les ménages ont la possibilité de faire des arbitrages pour économiser sur ces postes, en utilisant davantage les transports publics ou en adaptant leurs abonnements. Une méthode de calcul qui explique le décalage avec les chiffres de l'Insee.

Ces "charges contraintes" devraient atteindre 39% du revenu disponible brut des ménages en 2006, alors qu'elles représentaient 33% en 2004. Si les revenus bruts ont augmenté de 3,1% en 2005, puis de 3,9% en 2006, en face, les dépenses incompressibles ont grimpé de 6,4% l'an dernier et de 7,3% cette année. "Chaque année, on épargne moins pour s'offrir un train de vie", commente à l'AFP Elisabeth Waelbroeck-Rocha, directrice générale du Bipe. En 2008, le taux d'épargne devrait reculer à 14%, contre 16,7% en 2002. Dans le même temps, celui de l'endettement "avance allègrement vers les 70%" (contre 65% actuellement), selon Elisabeth Waelbroeck-Rocha.

Cet indice "revisité" du Bipe sur le pouvoir d'achat des ménages avait été initié en 2004 par Michel-Edouard Leclerc, patron des centres éponymes, pour dénoncer une baisse masquée du pouvoir d'achat des Français et obtenir une réforme de la loi Galland sur la revente à perte qui, au fil des années, a entraîné un gonflement artificiel des prix dans la grande distribution. Appliquée depuis le 1er janvier, cette réforme a commencé à donner des résultats dès le printemps, avec notamment les premières baisses de prix des produits de marque de grande consommation.

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