La production industrielle se redresse en mars

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Après un mois de février difficile, la production industrielle a bondi de 1,6% en mars. Ajouté à une consommation toujours soutenue, ce dynamisme apparaît de bon augure pour la croissance du premier trimestre, publiée la semaine prochaine.

Pour une fois, la France se distingue de son voisin germanique dans le bon sens en matière de production industrielle. Alors que l'Allemagne a déçu les attentes hier en publiant un recul de sa production de 2,4% en mars, la première baisse depuis quatre mois et le plus important recul mensuel depuis juin 2000, l'Hexagone a enregistré une hausse de 1,6% en mars de cet indicateur, soit 2,3% en glissement annuel. L'augmentation trimestrielle atteint ainsi 0,8%, le rythme le plus soutenu depuis le quatrième trimestre 2004, tandis que l'acquis de croissance pour le deuxième trimestre est déjà de 0,7%.

Les économistes du consensus relevé par Dresdner s'attendaient seulement à une hausse de 1% de l'indicateur. Mais l'Insee ayant revu à la baisse son estimation de février de -0,9% à -1,2%, cette publication s'avère plutôt conforme aux attentes. "La bonne surprise en mars est essentiellement attribuable au bond de 2,8% de la production de biens d'équipement, alors que les automobiles et les biens de consommations, en hausse de 2,1% et 0,8%, se sont révélés respectivement en deçà et en ligne avec les attentes", indique Dominique Barbet, chez BNP Paribas. La performance du secteur des biens d'équipement est d'autant plus appréciable qu'elle traduit un recours à l' investissement des entreprises et se transmet aux sous-traitants (la production d'équipements électriques et électroniques gagne 6,7% en un mois).

"Dans ce contexte, les chiffres des comptes nationaux du premier trimestre qui seront publiés en fin de semaine prochaine devraient annoncer une hausse du PIB d'environ 0,7%", affirme Alexandre Bourgeois, chez Natexis. "Avec une production industrielle en augmentation de près de 1% et une consommation de produits manufacturés en croissance de 1,1%, on peut s'attendre à une hausse du PIB d'au moins 0,6% sur le trimestre, confirme Nicolas Bouzou, chez Xerfi. L'idée selon laquelle la France se situe actuellement sur une pente de croissance annuelle supérieure à 2% est donc correcte". L'économiste souligne néanmoins que ce dynamisme reste tributaire d'un environnement porteur toujours fragile. Hausse des taux d'intérêt, prix du pétrole, choc immobilier, parité défavorable sont autant d'éléments qui mettent en péril cette reprise.


Le déficit budgétaire recule à 6,7 milliards d'euros en mars.
Deuxième bonne nouvelle ce matin pour l'économie française: le ministère des Finances a annoncé avoir enregistré fin mars un déficit de 6,7 milliards d'euros contre 24,8 milliards d'euros l'année dernière à la même date. Dans un communiqué, le ministère explique qu'à ce stade de l'exécution budgétaire, "les comparaisons d'une année à l'autre sont traditionnellement non pertinentes, compte tenu des décalages calendaires en début d'année". Non seulement ce solde tient compte des "effets d'amorçage du premier exercice budgétaire exécuté selon les modalités nouvelles de la LOLF" (loi organique sur les lois de finances), mais il bénéficie temporairement de 5,4 milliards d'euros de recettes de privatisations des autoroutes.

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