La croissance japonaise s'envole fin 2005

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L'économie nippone a bondi de 5,5% au dernier trimestre 2005 grâce au dynamisme des exportations et de la consommation domestique. Le retour de l'orthodoxie monétaire se rapproche.

Au dernier trimestre 2005, le Japon, maillon faible de la croissance mondiale ces dernières années, a battu à plate couture les Etats-Unis et la zone euro. Attendue au rythme déjà honorable de 4,9% par le consensus des économistes recueilli par Bloomberg, la croissance de la deuxième économie mondiale a atteint 5,5% par rapport au trimestre précédent, contre 1,1% pour les Etats-Unis et 0,3% pour la zone euro. De plus, le Produit Intérieur Brut (PIB) a été révisé à 1,4% au trimestre précédent, contre 1% estimé initialement. Résultat, sur l'année 2005, la croissance japonaise atteint 2,8%, contre 3,5% et 1,3% pour les Etats-Unis et la zone euro.

Cette envolée est attribuable en premier lieu à la vigueur des exportations, en hausse de 3,1% au quatrième trimestre, tirées par la demande soutenue des Etats-Unis et de la Chine et encouragées par la faiblesse du yen par rapport au dollar. Autre soutien de la croissance, la consommation privée a augmenté de 0,8%, contre 0,4% au trimestre précédent. De fait, la confiance des ménages japonais s'affiche à son plus haut niveau depuis 15 ans grâce aux embauches et à la progression des salaires. Seul bémol, la croissance des "investissements non résidentiels", équivalent de l'investissement des entreprises, a légèrement ralenti, en hausse de 1,7%, contre 1,8% au trimestre précédent.

La croissance du PIB de 2,7% prévue par le gouvernement pour l'année budgétaire 2005-2006, qui s'achève le 31 mars, semble donc à portée de main. De son côté, la Banque du Japon (BoJ) prévoit un taux de 2,2% et surveille de près la poursuite de la croissance et la hausse des prix à la consommation pour mettre fin dans les mois à venir à la politique de "taux zéro" en vigueur depuis cinq ans.

Le déflateur du PIB, qui mesure l'intensité de la baisse des prix au Japon, a reculé sur un an de 1,6%, contre une baisse de 1,3% au trimestre précédent. "Reste que ce déclin est dû à la baisse des prix de produits frais, qui avaient bondi l'an dernier en raison du climat défavorable; cela ne peut en aucun cas être interprété comme un retour de déflation", explique à l'agence Bloomberg Seiji Adachi, économiste chez Deutsche Securities. Les marchés lui donnent raison, puisque l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé la séance de vendredi en recul de 2,06%. Preuve que les investisseurs se sont avant tout focalisés sur l'excellent chiffre de la croissance, susceptible d'inciter la BoJ à relever prochainement ses taux d'intérêt, une mesure susceptible d'affecter les marchés d'actions.

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